Simenon, Georges - La tête d'un homme

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    La tête d'un homme
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Simenon, Georges - La tête d'un homme краткое содержание

La tête d'un homme - описание и краткое содержание, автор Simenon, Georges, читайте бесплатно онлайн на сайте электронной библиотеки LibKing.Ru
Quand une cloche, quelque part, sonna deux coups, le prisonnier était assis sur son lit et deux grandes mains noueuses étreignaient ses genoux repliés. L'espace d'une minute peut-être il resta immobile, comme en suspens, puis soudain, avec un soupir, il étendit ses membres, se dressa dans la cellule, énorme, dégingandé, la tête trop grosse, les bras trop longs, la poitrine creuse. Son visage n'exprimait rien, sinon l'hébétude, ou encore une indifférence inhumaine. Et pourtant, avant de se diriger vers la porte au judas fermé, il tendit le poing dans la direction d'un des murs.

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Et il cherche à se rendre compte de l’effet produit sur moi ! Cabotinage !…

Il est près de la dégringolade ! Tel quel, il ne gardera pas longtemps son sang-froid… Il commettra fatalement une faute…

Et il la commet ! Tous les grands criminels en sont arrivés là tôt ou tard…

Il a tué deux femmes ! Il a tué Crosby ! Il a fait de Heurtin une épave…

Avant la fin, il veut continuer l’hécatombe…

Mais j’ai pris quelques précautions. Janvier est posté à l’Hôtel George-V avec mission de s’emparer de toutes les lettres destinées à Mme Crosby ou à Edna, d’intercepter leurs communications téléphoniques…

Deux fois Radek, que je ne quitte pas, m’échappe pour quelques minutes, et je devine qu’il a expédié des lettres.

Quelques heures plus tard, Janvier me les remet. Les voici ! L’une annonce à Mme Crosby que son mari a commandé l’assassinat de Mme Henderson et, comme preuve, la boîte contenant la clé est jointe à la lettre, portant encore l’adresse écrite par l’Américain.

Radek connaît les lois. Son billet précise qu’un assassin ne peut hériter de sa victime et que, par conséquent, la fortune de Mme Crosby va lui être reprise.

Il lui ordonne de se rendre à minuit à la Citanguette, de fouiller le matelas d’une chambre pour y chercher le poignard ayant servi au meurtre et le mettre en lieu sûr.

Si l’arme n’est pas là, elle devra gagner Saint-Cloud et chercher dans un placard…

Remarquez ce besoin d’humilier, en même temps que de compliquer les choses. Mme Crosby n’a rien à faire à la Citanguette. Le couteau ne s’y est jamais trouvé.

Mais c’est une jouissance pour Radek d’envoyer la riche Américaine dans un bistrot de vagabonds.

Ce n’est pas tout ! Sa rage de complication va plus loin et il révèle à la jeune femme qu’Edna Reichberg était la maîtresse de son mari et que celui-ci devait l’épouser.

« Elle connaît la vérité ! dit-il. Elle vous hait et, si elle le peut, elle parlera pour vous réduire à la pauvreté. »

Maigret s’épongea, soupira.

— Idiot, n’est-ce pas ? C’est ce que vous vous dites ! Cela ressemble à un cauchemar ! Mais pensez que Radek, depuis plusieurs années, passe sa vie à rêver de vengeances raffinées.

Au surplus, il ne se trompe pas de beaucoup. Une autre lettre déclare à Edna Reichberg que Crosby a tué, que la preuve de son crime se trouve dans le placard et qu’elle pourra éviter un scandale en allant reprendre l’arme à une heure déterminée.

Il ajoute que Mme Crosby a toujours été au courant du crime de son mari…

Je vous répète qu’il se faisait à lui-même l’effet d’un démiurge.

Les deux lettres ne sont jamais arrivées à destination, pour la bonne raison que Janvier me les a apportées.

Mais comment prouver qu’elles étaient de la main de Radek ? Comme le billet adressé au Sifflet, elles sont écrites de la main gauche !

Alors j’ai prié les deux femmes de se soumettre à une expérience, en leur expliquant qu’il s’agissait de retrouver l’assassin de Mme Henderson.

Je leur ai fait faire exactement les gestes que les lettres leur commandaient…

Et Radek lui-même m’a emmené à la Citanguette, puis à Saint-Cloud…

Ne sentait-il pas que c’était la fin ? Une fin magnifique à son gré si les lettres n’avaient pas été interceptées !

Mme Crosby, troublée par les révélations de l’assassin, brisée par cette odieuse démarche au bistrot, arrivait dans la villa de Saint-Cloud, pénétrait dans la chambre même où le double crime avait été commis…

Imaginez l’état de ses nerfs ! Et elle se trouvait alors face à face avec Edna Reichberg en possession du poignard !…

Je ne jure pas que cela aurait fini par un crime… Mais je ne suis pas loin de penser que la psychologie de Radek est assez juste…

Les choses, mises en scène par moi, se sont passées autrement. Mme Crosby est partie seule.

Et Radek a été tourmenté par le besoin de savoir ce qu’elle avait fait d’Edna…

Il m’a suivi, là-haut… C’est lui qui a ouvert le placard… Il a trouvé, non un cadavre, mais la Suédoise bien vivante… Il m’a regardé… Il a compris…

Et il a eu enfin le geste que j’attendais… Il a tiré…

Le juge Coméliau écarquilla les yeux.

— Ne craignez rien ! L’après-midi même, dans une bousculade, j’avais remplacé son revolver chargé par une arme vide… C’est tout !… Il a joué !… Il a perdu…

Maigret ralluma sa pipe éteinte, se leva, le front plissé.

— Je dois ajouter qu’il sait perdre… Nous avons passé le reste de la nuit ensemble, quai des Orfèvres… J’ai dit honnêtement ce que je savais et c’est à peine si, pendant une heure, il s’est complu à ruser…

C’est lui qui, ensuite, a comblé les lacunes, avec tout juste un reste de forfanterie…

A cette heure, il est d’un calme étonnant. Il m’a demandé si je croyais qu’il serait exécuté. Et, comme j’hésitais à répondre, il a ajouté en ricanant :

— Faites l’impossible pour cela, commissaire ! Vous me devez une petite faveur… Eh bien ! c’est une idée à moi… J’ai assisté à une exécution, en Allemagne… Au dernier moment, le condamné, qui n’avait pas bronché, s’est mis à pleurer et à gémir :

— Maman !…

Je suis curieux de voir si j’appellerai ma mère, moi aussi ! Qu’en pensez-vous ?…

Les deux hommes se turent. On entendit plus distinctement les bruits du Palais avec, comme un arrière-fond, le murmure confus de Paris.

Enfin le juge Coméliau repoussa le dossier que, par contenance, il avait ouvert devant lui au début de l’entretien.

— C’est bien, commissaire, commença-t-il. Je…

Il regardait ailleurs, avec des roseurs aux pommettes.

— Je voudrais vous demander d’oublier le… la…

Mais le commissaire, endossant son pardessus, lui tendit la main le plus naturellement du monde.

— Vous aurez mon rapport demain… Maintenant, il faut que j’aille voir Moers, à qui j’ai promis les deux lettres… Il se propose de se livrer à une étude graphologique complète…

Et il sortit après un moment d’hésitation, se retourna, vit la mine contrite du juge, partit enfin avec un sourire à peine dessiné qui constituait sa seule vengeance.

XII

La chute

C’était en janvier. Il gelait. Les dix hommes présents avaient le col du pardessus relevé, les mains enfouies dans les poches.

La plupart échangeaient des phrases décousues tout en battant la semelle et en lançant des regards furtifs d’un même côté.

Seul Maigret se tenait à l’écart, le cou rentré dans les épaules, si hargneux que personne n’avait osé lui adresser la parole.

On apercevait, dans les immeubles voisins, quelques fenêtres qui s’éclairaient, car l’aube se levait à peine. Quelque part, un tintamarre sonnaillant de tramways.

Enfin le roulement d’une voiture, le claquement d’une portière, le bruit de gros souliers et quelques ordres lancés à mi-voix.

Un journaliste prenait des notes, mal à l’aise. Un homme détournait la tête.

Radek sortit vivement de la voiture cellulaire et regarda autour de lui de ses prunelles claires qui, dans la grisaille, avaient des reflets infinis d’océan.

On le tenait, des deux côtés. Mais il ne s’en inquiétait pas et il se mit à marcher à grands pas dans la direction de l’échafaud.

C’est alors qu’il glissa soudain sur le verglas. Il tomba. Et ses gardiens, croyant à une tentative de révolte, se précipitèrent pour le maintenir.

Cela ne dura que quelques secondes. Mais peut-être cette chute fut-elle plus pénible que tout le reste, pénible surtout le visage honteux du condamné quand il se redressa, ayant perdu tout prestige, toute l’assurance qu’il s’était donnée.

Son regard tomba sur Maigret, qu’il avait prié d’assister à l’exécution.

Le commissaire voulut détourner les yeux.

— Vous êtes venu…

Des gens s’impatientaient. Les nerfs étaient tendus dans une même hâte douloureuse d’abréger la scène.

Alors Radek se retourna vers la plaque de verglas, avec un sourire sarcastique, puis désigna l’échafaud, ricana :

— Raté !…

Il y eut une hésitation de la part de ceux qui avaient pour mission de mettre fin à la vie d’un homme.

Quelqu’un parla. Une trompe d’auto résonna dans une rue proche.

Ce fut Radek qui se mit en marche, le premier, sans regarder personne.

— Commissaire…

Encore une minute, peut-être, et ce serait tout. La voix avait un drôle de son.

— Vous allez retrouver votre femme, n’est-ce pas ?… Et elle vous a préparé du café…

Maigret ne vit rien d’autre, n’entendit plus rien ! C’était vrai ! Sa femme l’attendait, dans la salle à manger tiède où le petit déjeuner était servi.

Sans savoir pourquoi, il n’osa pas y aller. Il rentra directement au quai des Orfèvres, chargea le poêle de son bureau jusqu’à la gueule, tisonna à en casser la grille.

Paris, Hôtel l’Aiglon, septembre 1930.

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