Simenon, Georges - La tête d'un homme

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    La tête d'un homme
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Simenon, Georges - La tête d'un homme краткое содержание

La tête d'un homme - описание и краткое содержание, автор Simenon, Georges, читайте бесплатно онлайн на сайте электронной библиотеки LibKing.Ru
Quand une cloche, quelque part, sonna deux coups, le prisonnier était assis sur son lit et deux grandes mains noueuses étreignaient ses genoux repliés. L'espace d'une minute peut-être il resta immobile, comme en suspens, puis soudain, avec un soupir, il étendit ses membres, se dressa dans la cellule, énorme, dégingandé, la tête trop grosse, les bras trop longs, la poitrine creuse. Son visage n'exprimait rien, sinon l'hébétude, ou encore une indifférence inhumaine. Et pourtant, avant de se diriger vers la porte au judas fermé, il tendit le poing dans la direction d'un des murs.

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Un double meurtre sauvage, ce que la police appelle un crime crapuleux dans toute son horreur.

Et des traces partout : traces de pas, traces sanglantes de doigts sur les rideaux…

Ce furent les formalités habituelles : descente du Parquet, arrivée des experts de l’Identité judiciaire, analyses multiples et autopsies…

A Maigret échut la direction de l’enquête policière, et il ne mit pas deux jours à découvrir la piste Heurtin.

Elle était si clairement tracée ! Dans les corridors de la villa, il n’y avait pas de tapis et le parquet était encaustiqué.

Quelques photographies suffirent pour obtenir des traces de pas d’une netteté exceptionnelle.

Il s’agissait de souliers à semelles de caoutchouc absolument neufs. Afin d’éviter que le caoutchouc fût glissant par temps de pluie, il était strié d’une façon particulière et, au milieu, on lisait encore le nom du fabricant et un numéro d’ordre.

Quelques heures plus tard, Maigret pénétrait chez un marchand de chaussures du boulevard Raspail, apprenait qu’une seule paire de souliers de cette sorte et de cette pointure – du 44 – avait été vendue au cours des deux dernières semaines.

— Tenez ! C’est un livreur qui est arrivé avec son triporteur. Nous le voyons souvent dans le quartier…

Quelques heures encore et le commissaire questionnait M. Gérardier, le fleuriste de la rue de Sèvres, retrouvait les fameux souliers aux pieds du livreur, Joseph Heurtin.

Il ne restait qu’à comparer les empreintes digitales. L’opération eut lieu dans les locaux de l’Identité judiciaire, au Palais de Justice.

Les experts se penchèrent, leurs instruments à la main et la conclusion fut immédiate :

— C’est lui !

— Pourquoi as-tu fait ça ?

— Je n’ai pas tué !

— Qui t’a donné l’adresse de Mme Henderson ?

— Je n’ai pas tué !

— Qu’es-tu allé faire dans sa villa à deux heures du matin ?

— Je ne sais pas !

— Comment es-tu revenu de Saint-Cloud ?

— Je ne suis pas revenu de Saint-Cloud !

Il avait une grosse tête blafarde, terriblement bosselée. Et ses paupières étaient rougeâtres comme celles d’un homme qui n’a pas dormi de plusieurs jours.

Dans sa chambre, rue Monsieur-le-Prince, on découvrit un mouchoir ensanglanté et les chimistes affirmèrent que c’était du sang humain, retrouvèrent même des bacilles repérés dans le sang de Mme Henderson.

— Je n’ai pas tué…

— Qui choisis-tu comme avocat ?

— Je ne veux pas d’avocat…

On en désigna un d’office, M eJoly, qui n’avait que trente ans et qui s’agita avec désespoir.

Les médecins aliénistes mirent Heurtin en observation pendant sept jours, déclarèrent :

— Aucune dégénérescence ! Cet homme est responsable de ses actes, en dépit de son abattement actuel qui est le résultat d’une violente secousse nerveuse.

C’étaient les vacances. Une enquête appelait Maigret à Deauville. Le juge d’instruction Coméliau trouva l’affaire assez claire et la Chambre des mises en accusation statua dans un sens affirmatif.

N’empêche que Heurtin n’avait rien volé, n’avait aucun intérêt apparent à la mort de Mme Henderson et de sa femme de chambre.

Maigret avait remonté aussi loin que possible dans sa vie. Il le connaissait à la fois physiquement et moralement à tous les âges.

Il était né à Melun, alors que son père était garçon de café à l’Hôtel de la Seine et sa mère blanchisseuse.

Trois ans plus tard, ses parents reprenaient un bistrot non loin de la Maison centrale, faisaient de mauvaises affaires et allaient installer une auberge à Nandy, en Seine-et-Marne.

Joseph Heurtin avait six ans quand il lui naquit une sœur, Odette.

Maigret avait un portrait de lui, en costume marin, accroupi devant la peau d’ours où le bébé était étendu, les bras et les jambes en l’air, tout potelé.

A treize ans, Heurtin soignait les chevaux et aidait son père à servir les clients.

A dix-sept, il était garçon de café à Fontainebleau, dans une hostellerie élégante.

A vingt et un, son service militaire terminé, il arrivait à Paris, s’installait rue Monsieur-le-Prince et devenait livreur chez M. Gérardier.

— Il lisait beaucoup… dit M. Gérardier.

— Sa seule distraction était d’aller au cinéma ! affirmait sa logeuse.

Mais aucun rapport visible entre lui et la villa de Saint-Cloud !

— Etais-tu déjà allé à Saint-Cloud auparavant ?

— Jamais !

— Que faisais-tu le dimanche ?

— Je lisais !

Mme Henderson n’était pas cliente du fleuriste. Rien ne désignait sa villa plutôt qu’une autre à la visite d’un cambrioleur. Et d’ailleurs, on n’avait rien volé !

— Pourquoi ne parles-tu pas ?

— Je n’ai rien à dire !

Maigret, un mois durant, avait opéré à Deauville, où il avait traqué une bande d’escrocs internationaux.

En septembre, il avait rendu visite à Heurtin, dans sa cellule de la Santé. Il n’avait trouvé qu’une loque.

— Je ne sais rien ! Je n’ai pas tué !

— Tu étais pourtant à Saint-Cloud…

— Je veux qu’on me laisse en paix…

— Affaire banale ! avait jugé le Parquet. On la réservera pour la rentrée.

Et le 1 eroctobre, Heurtin servait à l’inauguration de la Cour d’assises.

M eJoly n’avait trouvé qu’un système de défense : exiger une contre-expertise sur l’état mental de son client. Et le médecin choisi par lui avait déposé :

— Responsabilité atténuée…

A quoi le ministère public avait répliqué :

— Crime crapuleux ! Si Heurtin n’a pas volé, c’est qu’il en a été empêché par des circonstances quelconques… Il a donné en tout dix-huit coups de couteau…

On avait fait circuler des photographies des victimes, que les jurés repoussaient avec dégoût.

— Oui, à toutes les questions !

La mort ! Le lendemain, Joseph Heurtin était transféré dans le quartier de la grande surveillance, avec quatre autres condamnés à mort.

— Tu n’as rien à me dire ? venait lui demander Maigret, qui n’était pas content de lui.

— Rien !

— Tu sais que tu seras exécuté ?

Et Heurtin pleurait, la tête toujours aussi pâle, les yeux rouges.

— Quel est ton complice ?

— Je n’en ai pas…

Maigret revint chaque jour, encore qu’officiellement il n’eût même plus le droit de s’occuper de l’affaire.

Chaque jour il trouva un Heurtin avachi mais calme, qui ne tremblait pas, qui avait même parfois de l’ironie dans les prunelles.

… Jusqu’au matin où le prisonnier entendit des pas dans la cellule voisine, puis des cris perçants…

On venait chercher le 9, un parricide, pour le conduire à l’échafaud.

Le lendemain, Heurtin, devenu le N°11, sanglotait. Mais il ne parla pas. Il se contenta de claquer des dents, étendu de tout son long sur sa couchette, le visage tourné vers le mur.

Quand une idée entrait dans la tête de Maigret, elle y était ancrée pour longtemps.

— Cet homme est fou, ou innocent… alla-t-il affirmer au juge Coméliau.

— Ce n’est pas possible ! Au surplus, il y a chose jugée…

Maigret, haut d’un mètre quatre-vingts, puissant et large comme un fort des Halles, s’obstina.

— Souvenez-vous qu’on n’a pas pu établir de quelle manière il est revenu de Saint-Cloud à Paris… Il n’a pas pris le train, c’est prouvé… Il n’a pas pris le tramway… Il n’est pas revenu à pied !…

Il essuya des plaisanteries.

— Voulez-vous tenter une expérience ?

— Il faut le demander au ministère !

Et Maigret, pesant, obstiné, y alla. Il rédigea lui-même le billet donnant au condamné le plan de sa fuite.

— Ecoutez ! Ou il a des complices, et il croira que ce billet vient d’eux, ou il n’en a pas et il se méfiera, devinant un piège. Je me porte garant de lui. Je vous jure que dans aucun cas il ne nous échappera…

Il fallait voir la face épaisse, placide et dure pourtant du commissaire !

Cela dura trois jours. Il agita le fantôme de l’erreur judiciaire et du scandale qui éclaterait tôt ou tard.

— Mais c’est vous-même qui l’avez arrêté !

— Parce que, en tant que fonctionnaire de la police, je suis tenu de tirer les conclusions logiques des preuves matérielles…

— Et en tant qu’homme ?

— J’attends les preuves morales…

— Si bien que ?…

— Il est fou, ou innocent…

— Pourquoi ne parle-t-il pas ?

— L’expérience que je propose nous l’apprendra…

Il y eut des coups de téléphone, des conférences.

— Vous jouez votre carrière, commissaire ! Réfléchissez !

— C’est tout réfléchi…

Le billet fut envoyé au prisonnier, qui ne le montra à personne et qui, pendant les trois derniers jours, mangea avec plus d’appétit.

— Donc, cela ne le surprend pas ! affirma Maigret. Donc il s’attendait à quelque chose de ce genre ! Donc il a des complices, qui lui ont peut-être promis la liberté…

— A moins qu’il ne fasse l’idiot !… Et qu’à peine hors de prison il vous glisse entre les doigts… Votre carrière, commissaire…

— Il y a aussi sa tête qui est en jeu…

Et Maigret se trouvait maintenant calé dans un fauteuil de cuir, devant la fenêtre, dans une chambre d’hôtel. De temps en temps, il braquait ses jumelles sur la Citanguette, où les débardeurs et les mariniers venaient boire un coup.

L’inspecteur Janvier, sur le quai, se morfondait en essayant de prendre un air dégagé.

Dufour - Maigret avait vu ces détails – avait mangé une andouillette garnie de purée de pommes de terre et buvait maintenant un calvados.

La fenêtre de la chambre ne s’était pas encore ouverte.

— Donnez-moi la Citanguette, mademoiselle !

— La ligne est occupée.

— Cela m’est égal ! Coupez !…

Et bientôt :

— C’est toi, Dufour ?…

L’inspecteur fut laconique :

— Il dort toujours !

On frappait à la porte. C’était le brigadier Lucas, qui toussa, tant la fumée de pipe était dense.

III

Le journal déchiré

— Du nouveau ?

Lucas commença par s’asseoir au bord du lit, après avoir touché la main du commissaire.

— Du nouveau ! Mais rien de fameux… Le directeur du Sifflet a fini par me remettre la lettre qu’il a reçue ce matin vers dix heures au sujet de l’histoire de la Santé…

— Donne !…

Le brigadier lui remit un papier sali, plein de surcharges au crayon bleu, car, au Sifflet, on s’était contenté de supprimer quelques passages du billet et de lier les phrases entre elles pour les envoyer à la composition.

Il y avait encore les indications typographiques, ainsi que les initiales du linotypiste qui avait composé l’article.

— Une feuille de papier dont on a coupé le haut, sans doute pour faire disparaître une mention imprimée… constata Maigret.

— Bien entendu ! C’est ce que j’ai pensé tout de suite ! Et je me suis dit que la lettre avait probablement été écrite dans un café. J’ai vu Moers, qui prétend reconnaître le papier à lettres de la plupart des cafés de Paris…

— Il a trouvé ?

— Il ne lui a pas fallu dix minutes. Le papier vient de la Coupole, boulevard Montparnasse. J’arrive de là-bas… Malheureusement, il y défile un bon millier de consommateurs par jour et plus de cinquante personnes demandent de quoi écrire…

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