Simenon, Georges - Maigret chez les Flamands

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    Maigret chez les Flamands
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Simenon, Georges - Maigret chez les Flamands краткое содержание

Maigret chez les Flamands - описание и краткое содержание, автор Simenon, Georges, читайте бесплатно онлайн на сайте электронной библиотеки LibKing.Ru

Quand Maigret descendit du train, en gare de Givet, la première personne qu'il vit, juste en face de son compartiment, fut Anna Peeters. à croire qu'elle avait prévu qu'il s'arrêterait à cet endroit du quai exactement !


Elle n'en paraissait pas étonnée, ni fière. Elle était telle qu'il l'avait vue à Paris, telle qu'elle devait être toujours, vêtue d'un tailleur gris fer, les pieds chaussés de noir, chapeautée de telle sorte qu'il était impossible de se souvenir ensuite de la forme ou même de la couleur de son chapeau.


[http://www.amazon.fr/Chez-flamands-Georges-Simenon/dp/2253124931](http://www.amazon.fr/Chez-flamands-Georges-Simenon/dp/2253124931)

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— Mais oui !… Elle joue bien, n’est-ce pas ?… Elle a pris des leçons pendant six ans, trois fois par semaine, avec le meilleur professeur de Givet…

La jeune fille quittait la cuisine. Les deux portes restaient ouvertes entre elle et le reste de la famille. Le couvercle du piano claquait.

Quelques notes paresseuses, à la main droite.

— Elle devrait chanter… murmura Mme Peeters. Marguerite chante mieux… On parlait même de lui faire suivre les cours du Conservatoire…

Les notes s’égrenaient dans la maison vide et sonore. Le vieillard ne s’éveillait pas et sa femme, inquiète pour la pipe qu’il pouvait lâcher, la lui prenait délicatement des mains et la pendait à un clou du mur.

Qu’est-ce que Maigret faisait encore là ? Il n’y avait rien à apprendre. Mme Peeters écoutait, tout en regardant son journal sans oser le reprendre. Anna s’accompagnait peu à peu de la main gauche. On devinait que c’était à cette même table que Maria, d’habitude, corrigeait les devoirs de ses élèves.

Et c’était tout !

Sauf que toute la ville accusait les Peeters d’avoir tué Germaine Piedbœuf, par un soir pareil !

Maigret sursauta en entendant la sonnette de la boutique. Un instant il eut la sensation qu’il était plus jeune de trois semaines, que la maîtresse de Joseph allait entrer, réclamer le montant de sa pension, les cent francs qu’on lui versait chaque mois pour l’entretien de l’enfant.

C’était un marinier en ciré, qui tendit une petite bouteille à Mme Peeters, et celle-ci la remplit de genièvre.

— Huit francs !

— Belges ?

— Français ! Dix francs belges…

Maigret se leva, traversa la boutique.

— Vous partez déjà ?

— Je reviendrai demain.

Dehors il vit le marinier qui regagnait son bateau. Il se retourna vers la maison. Elle ressemblait, avec sa vitrine lumineuse, à un décor de théâtre, surtout à cause de la musique qui continuait à s’en exhaler douce, sentimentale.

Est-ce que la voix d’Anna ne s’y mêlait pas ?

… Mais tu me reviendras…

Ô mon beau fiancé…

Maigret pataugeait dans la boue et la pluie était si drue que sa pipe s’éteignait.

C’était tout Givet maintenant qui lui faisait l’effet d’un décor de théâtre. Le marinier rentré à son bord, il n’y avait plus âme qui vive dehors. Rien que des lumières tamisées, à quelques fenêtres. Et le bruit de la Meuse en crue qui étouffait peu à peu le chant du piano.

Quand il eut parcouru deux cents mètres, il put voir à la fois, au fond du décor, la maison des Flamands et, au premier plan, l’autre maison, celle des Piedbœuf.

Il n’y avait pas de lumière à l’étage. Mais le corridor était éclairé. L’accoucheuse devait être seule avec l’enfant.

Maigret était maussade. C’était rare qu’il eût à ce point la sensation de l’inutilité de son effort.

Que venait-il faire là, en somme ? Il n’était pas en service commandé ! Des gens accusaient les Flamands d’avoir tué une jeune femme. Mais on n’était même pas sûr de la mort de celle-ci !

Est-ce que, fatiguée de sa pauvre vie de Givet, elle n’était pas à Bruxelles, à Reims, à Nancy ou à Paris, occupée à boire dans quelque brasserie avec des amis de rencontre ?

Et, si même elle était morte, l’avait-on tuée ? Découragée, n’avait-elle pas été attirée, en sortant de l’épicerie, par le fleuve bourbeux ?

Aucune preuve ! Aucun indice ! Machère qui marchait à fond, mais qui ne trouverait rien, si bien que d’un jour à l’autre le Parquet déciderait sans doute de classer l’affaire.

Alors, pourquoi Maigret se laissait-il mouiller, dans ce décor étranger ?

Juste en face de lui, de l’autre côté de la Meuse, il voyait l’usine dont la cour n’était éclairée que par une lampe électrique. Tout près de la grille, un corps de garde avec de la lumière.

Le père Piedbœuf avait pris son service. Qu’est-ce qu’il faisait, toute la nuit, là-bas ?

Et voilà que, sans savoir au juste pourquoi, le commissaire, les mains enfoncées dans les poches, se dirigeait vers le pont. Dans le café où il avait bu un grog le matin, une douzaine de mariniers et de patrons de remorqueurs parlaient si fort qu’on les entendait du quai. Mais il ne s’arrêta pas.

Le vent faisait vibrer les longerons d’acier du pont remplaçant le pont de pierre détruit pendant la guerre.

Et, sur l’autre rive, le quai n’était même pas empierré. Il fallait patauger dans la boue. Un chien qui rôdait se colla contre le mur blanchi à la chaux.

Dans la grille fermée, une petite porte était aménagée. Et aussitôt Maigret vit Piedbœuf qui venait coller le visage à la vitre du corps de garde.

— Bonsoir !

L’homme portait une vieille veste militaire qu’il avait fait teindre en noir. Il fumait la pipe, lui aussi. Et, au milieu de la pièce, il y avait un petit poêle dont le tuyau, après deux coudes, allait s’enfoncer dans le mur.

— Vous savez qu’on n’a pas le droit…

— D’entrer ici la nuit ! Ça va !

Un banc de bois. Une chaise à fond de paille. Le pardessus de Maigret commençait déjà à fumer.

— Vous restez toute la nuit dans cette pièce ?

— Pardon ! Je dois faire trois rondes dans les cours et dans les ateliers.

De loin, ses grosses moustaches grises pouvaient faire illusion. De près, c’était un bonhomme timide, prêt à se replier sur lui-même, ayant au plus haut point le sens de l’humilité de sa condition. Maigret l’impressionnait. Il ne savait que lui dire.

— En somme, vous vivez toujours seul… La nuit ici… Le matin dans votre lit… Et l’après-midi ?…

— Je fais le jardin !

— Celui de l’accoucheuse ?

— Oui… On partage les légumes…

Maigret remarqua des rondeurs dans la cendre. Il fouilla celle-ci du bout du tisonnier, découvrit des pommes de terre non épluchées. Il comprit. Il imagina l’homme, tout seul, vers le milieu de la nuit, mangeant ses pommes de terre en regardant dans le vide.

— Votre fils ne vient jamais vous voir à l’usine ?

— Jamais !

Ici encore des gouttes de pluie tombaient une à une devant la porte, donnant une cadence irrégulière à la vie.

— Vous croyez vraiment que votre fille a été assassinée ?

L’homme ne répondit pas tout de suite. Il ne savait où poser son regard.

— Du moment que Gérard…

— Elle ne se serait pas tuée… Elle ne serait pas partie…

C’était d’un tragique inattendu. L’homme bourrait machinalement sa pipe.

— Si je ne croyais pas que ces gens-là…

— Vous connaissiez bien Joseph Peeters ?

Et Piedbœuf détournait la tête.

— Je savais qu’il ne l’épouserait pas… Ce sont des gens riches… Et nous…

Il y avait au mur une belle horloge électrique, seul luxe de cet abri. En face un tableau noir, sur lequel on avait écrit à la craie : pas d’embauche.

Près de la porte enfin, un appareil compliqué, pour enregistrer à l’aide d’une grande roue l’heure d’entrée et de sortie du personnel.

— C’est l’heure de la ronde…

Maigret faillit lui proposer de la faire avec lui, pour pénétrer plus avant dans la vie de cet homme. Piedbœuf endossait un ciré informe qui lui battait les talons, prenait dans un coin une lanterne-tempête tout allumée, dont il n’eut qu’à relever la mèche.

— Je ne comprends pas pourquoi vous êtes contre nous… C’est peut-être naturel, après tout !… Gérard dit que…

Mais la pluie les interrompit, car ils atteignaient la cour. Piedbœuf conduisit son hôte jusqu’à la grille qu’il allait refermer avant de faire sa ronde.

Un étonnement de plus pour le commissaire. De là, il apercevait un paysage coupé en tranches égales par les barreaux de fer : les péniches amarrées de l’autre côté du fleuve, la maison des Flamands et sa vitrine éclairée, le quai où des lampes électriques dessinaient de cinquante en cinquante mètres des cercles de lumière.

On voyait très bien le bâtiment de la douane, le Café des Mariniers…

On voyait surtout l’angle de la ruelle dont la deuxième maison à gauche était celle des Piedbœuf.

Le 3 janvier…

— Il y a longtemps que votre femme est morte ?

— Il y aura douze ans le mois prochain… Elle est partie de la poitrine…

— Que fait Gérard à cette heure-ci ?

La lanterne se balançait au bout du bras du gardien. Il avait déjà introduit une grosse clé dans la serrure. Un train sifflait dans le lointain.

— Il doit être en ville…

— Vous ne savez pas de quel côté ?

— Les jeunes gens se réunissent surtout au Café de la Mairie !

Et Maigret s’enfonça à nouveau dans la pluie, dans l’obscurité. Ce n’était pas une enquête. Il n’y avait aucun point de départ, aucune base.

Il n’y avait qu’une poignée d’humains qui poursuivaient chacun leur vie propre dans la petite ville balayée par le vent.

Peut-être étaient-ils tous sincères ! Mais peut-être aussi l’un d’eux cachait-il une âme tourmentée, effrayée au paroxysme à la pensée de l’épaisse silhouette qui rôdait cette nuit-là par les rues.

Maigret passa devant son hôtel sans y entrer. Il aperçut à travers les vitres l’inspecteur Machère qui pérorait au milieu d’un groupe dont le patron faisait partie. Cela sentait la quatrième ou la cinquième tournée d’alcool. Le patron venait offrir la sienne.

Machère, très animé, gesticulait et devait dire :

— Ces commissaires qui viennent de Paris s’imaginent…

Et l’on parlait des Flamands ! On les mettait en pièces !

Au bout d’une rue étroite, il y a une place assez spacieuse. À un angle, un café à la devanture blanche, aux trois vitrines bien éclairées : Café de la Mairie.

Une rumeur vous accueillant dès l’ouverture de la porte. Un comptoir de zinc. Des tables. Des joueurs de cartes devant les tapis rouges. De la fumée de pipes et de cigarettes et une aigre odeur de bière tiédie.

— Deux demis, deux !

Le bruit des jetons sur le marbre de la caisse. Le tablier blanc du garçon.

— Par ici !

Maigret s’assit à la première table venue, vit d’abord Gérard Piedbœuf dans un des miroirs embués de la salle. Il était très animé, lui aussi, comme Machère. Il s’arrêta net de parler en apercevant le commissaire et son pied dut toucher celui de ses compagnons.

Un compagnon et deux compagnes. Ils étaient quatre à la même table. Les jeunes gens étaient du même âge. Les femmes étaient sans doute de petites ouvrières de l’usine.

Tous se taisaient. Les joueurs de cartes eux-mêmes, aux autres tables, annonçaient leurs points à mi-voix et les regards étaient braqués sur le nouveau venu.

— Un demi !

Maigret allumait sa pipe, posait son melon tout dégouttant d’eau sur la banquette de moleskine brune.

— Un demi, un !

Et Gérard Piedbœuf esquissait un sourire ironique et méprisant, grommelait à mi-voix :

— L’ami des Flamands…

Il avait bu, lui aussi. Ses prunelles étaient trop brillantes. Ses lèvres pourpres faisaient ressortir la pâleur de son teint. On le sentait très excité. Il observait la galerie. Il cherchait quelque chose à dire pour épater ses compagnes.

— Tu comprends, Ninie, quand tu seras riche, tu n’auras plus rien à craindre de la police…

Son ami lui donna un coup de coude pour le faire taire, mais le résultat fut de l’énerver davantage.

— Eh bien ! quoi ? On n’a plus le droit de dire ce que l’on pense ?… Je répète que la police est à la disposition des riches mais que, du moment que vous êtes pauvre…

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