Simenon, Georges - Maigret et son mort

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    Maigret et son mort
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Simenon, Georges - Maigret et son mort краткое содержание

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Il savait qu’en sortant il ne résisterait pas à l’envie d’aller boire un verre aux Caves du Beaujolais . D’abord parce qu’il aimait vraiment l’atmosphère de ces petits cafés-là, où on ne voit jamais personne et où le patron bavarde familièrement avec vous. Il aimait le beaujolais aussi, surtout servi, comme ici, dans des petits cruchons de grès. Mais il y avait autre chose. Il suivait son mort.

— Ça m’a fait un drôle d’effet de lire le journal ce matin, monsieur le commissaire. Je l’ai peu vu, vous le savez. Pourtant, quand j’y repense, il était sympathique. Je le revois entrer en gesticulant. Il était troublé bien sûr, mais il avait une bonne tête. Tenez, je parierais qu’en temps normal c’était un rigolo... Vous allez vous moquer de moi : plus je vais, plus je lui trouve une tête de comique... Il me rappelle quelqu’un... Il y a des heures que je cherche...

— Quelqu’un qui lui ressemble ?

— Oui... Non... C’est plus compliqué... Il me rappelle quelque chose, et je n’arrive pas à savoir quoi... On ne l’a pas encore identifié ?

Cela aussi était curieux, mais pas encore anormal. Les journaux étaient parus depuis le matin. Certes, le visage avait été abîmé, pas au point, cependant, d’être méconnaissable pour quelqu’un de très familier, pour la femme ou la mère, par exemple.

L’homme avait un domicile quelque part, fût-ce à l’hôtel. Il n’était pas rentré chez lui de la nuit.

Logiquement, dans les quelques heures, quelqu’un devait ou reconnaître sa photographie, ou signaler sa disparition.

Pourtant Maigret ne s’y attendait pas. Il franchissait à nouveau le pont, une agréable saveur, un peu rêche, de beaujolais à la bouche. Il gravissait l’escalier terne, où certains le regardaient avec une crainte respectueuse.

Un coup d’œil dans la salle d’attente vitrée. Son homme était là, debout, fumant sa cigarette avec désinvolture.

— Par ici...

Il l’introduisait dans son bureau, lui désignait une chaise, retirait son chapeau et son pardessus sans cesser d’observer son visiteur en coin. Celui-ci, à la place où il était, avait directement sous les yeux les photographies du mort.

— Eh bien ! Fred ?

— À votre disposition, monsieur le commissaire... Je ne m’attendais pas à ce que vous m’appeliez... Je ne vois rien qui...

Il était maigre, très pâle, d’une élégance un peu efféminée. De temps en temps, un pincement des narines trahissait l’intoxiqué.

— Tu ne le connais pas ?

— J’ai compris en arrivant, dès que j’ai aperçu les photos... On l’a sérieusement amoché, dites donc !

— Tu ne l’as jamais vu ?

On sentait que Fred faisait consciencieusement son métier d’indicateur. Il examinait les photographies avec attention, s’approchait même de la fenêtre pour les voir en pleine lumière.

— Non... Et cependant...

Maigret attendait en rechargeant son poêle.

— C’est non !... Je jurerais que je ne l’ai jamais vu... Encore qu’il me rappelle quelque chose... C’est vague... Il n’appartient pas au milieu, en tout cas… Même si c’était un nouveau, je l’aurais déjà rencontré...

— À quoi te fait-il penser ?

— C’est justement ce que je cherche... Vous ne connaissez pas son métier ?

— Non...

— Ni le quartier qu’il habitait ?

— Pas davantage...

— Ce n’est pas quelqu’un de la province non plus, cela se sent...

— J’en suis persuadé…

Maigret avait noté la veille que l’homme avait un accent parisien assez prononcé, l’accent du petit peuple, de ceux qu’on rencontre dans le métro, dans les bistrots de la périphérie, ou encore sur les gradins du Vel’ d’Hiv’.

Au fait... Une idée lui venait... Il la contrôlerait tout à l’heure...

— Tu ne connais pas non plus une certaine Nine ?

— Attendez... Il y en a une à Marseille, sous-maîtresse dans une maison de la rue Saint-Ferréol...

— Ce n’est pas celle-là, je la connais... Elle a cinquante ans pour le moins...

Fred regarda la photographie de l’homme, qui devait avoir une trentaine d’années, et murmura :

— Cela n’empêche pas, vous savez !

— Prends une de ces photos. Cherche. Montre-la un peu partout...

— Comptez sur moi... J’espère que d’ici quelques jours j’aurai un tuyau à vous donner... Pas à ce sujet-là, mais à propos d’un gros marchand de drogues... Jusqu’ici, je ne le connais que sous le nom de M. Jean... Je ne l’ai jamais vu... Je sais seulement qu’il est derrière toute une bande de revendeurs... Je leur achète de la camelote régulièrement... Cela me coûte cher... Quand vous aurez du fric en trop...

Janvier, à côté, était toujours en quête de brandade.

— Vous aviez raison, patron. Tout le monde me répond qu’on ne fait la brandade que le vendredi. Et, encore, pas souvent. La semaine sainte, quelquefois le mercredi, mais nous sommes encore loin de Pâques...

— Laisse ça à Torrence... Il y a quelque chose au Vel’ d’Hiv’, cet après-midi ?

— Attendez que je consulte le journal.

Il y avait des courses cyclistes derrière moto.

— Prends une photo avec toi. Tu verras les vendeurs de billets, les marchands d’oranges et de cacahuètes... Fais le tour des bistrots des environs... Puis tu pourras rôder dans les cafés de la porte Dauphine...

— Vous croyez que c’était un sportif ?

Maigret ne savait pas. Il sentait quelque chose, lui aussi, comme les autres, comme le patron des Caves du Beaujolais , comme Fred l’indicateur, mais c’était fluide, imprécis.

Il ne voyait pas son mort dans un bureau, ni vendeur de magasin. Fred affirmait qu’il n’appartenait pas au milieu.

Par contre, il était à son aise dans les petits bars populaires.

Il avait une femme prénommée Nine. Et, cette femme, Maigret l’avait connue.

À quel titre ? Est-ce que l’homme s’en serait vanté si le commissaire l’avait connue comme cliente ?

— Dubonnet... Tu vas aller aux « mœurs »... Tu demanderas la liste des filles en carte de ces dernières années... Tu prendras les adresses de toutes les Nine que tu pourras trouver... Tu iras les voir... Tu comprends ?

Dubonnet était un jeune qui sortait des écoles, un peu raide, toujours tiré à quatre épingles, d’une politesse exquise avec tout le monde, et c’était peut-être par ironie que Maigret le chargeait de cette besogne.

Il en envoyait un autre dans tous les petits cafés entourant le Châtelet, la place des Vosges et la Bastille.

Pendant ce temps-là, le juge Coméliau, qui, lui, dirigeait l’instruction de son cabinet, l’attendait avec impatience, ne comprenant pas que Maigret ne fût pas encore venu prendre contact avec lui.

— Les Citroën jaunes ?

— Ériau s’en occupe...

Tout cela, c’était la routine. Même si cela ne servait à rien, cela devait se faire. Sur toutes les routes de France, la police, la gendarmerie interpellaient les conducteurs de Citroën jaunes.

Il fallait aussi envoyer quelqu’un dans le magasin du boulevard Sébastopol, où le veston du mort avait été acheté, puis dans un autre magasin du boulevard Saint-Martin, d’où provenait l’imperméable.

Pendant ce temps-là, cinquante autres affaires réclamaient des inspecteurs. Ils entraient, sortaient, téléphonaient, tapaient leur rapport. Les gens attendaient dans les couloirs. On courait des « garnis » aux « mœurs » et des « mœurs » à l’Identité Judiciaire.

La voix de Moers, au téléphone :

— Dites donc, patron... Un tout petit détail, qui est sans doute sans importance... Je trouve si peu de chose que je vous le signale à tout hasard... J’avais prélevé des cheveux, comme d’habitude. L’analyse révèle des traces de rouges à lèvres...

C’était presque comique, et pourtant personne ne riait. Une femme avait embrassé le mort de Maigret dans les cheveux, une femme qui portait du rouge à lèvres.

— J’ajoute que c’est un rouge bon marché et que la femme est probablement brune, car son rouge est très foncé...

Était-ce la veille qu’une femme avait embrassé l’inconnu ? Était-ce chez lui, alors qu’il était rentré pour changer de veston ?

Au fait, s’il s’était changé, c’est qu’il ne comptait pas sortir à nouveau. Un homme qui rentre chez lui pour une heure ne prend pas la peine de passer un autre vêtement.

Ou, alors, il avait été appelé dehors à l’improviste... Mais pouvait-on croire que, traqué comme il l’était, affolé au point de courir les rues de Paris en gesticulant et en appelant sans cesse la police au bout du fil, il serait sorti de chez lui après la tombée de la nuit ?

Une femme l’embrassait dans les cheveux. Ou bien elle avait appuyé le visage contre sa joue. De toute façon, c’était un geste tendre.

Maigret soupira en bourrant une nouvelle pipe, regarda l’heure. Il était midi et quelques minutes.

À peu près l’heure à laquelle, la veille, l’homme traversait la place des Vosges où chantaient les fontaines.

Le commissaire franchit la petite porte faisant communiquer la P. J. avec le Palais de Justice. Des robes d’avocats flottaient comme de grands oiseaux noirs dans les couloirs.

— Allons voir le vieux singe ! soupira Maigret, qui n’avait jamais pu sentir le juge Coméliau.

Il savait fort bien que celui-ci l’accueillerait par une phrase glacée qui constituerait à ses yeux le plus cinglant des reproches :

« Je vous attendais, monsieur le commissaire... »

Il aurait été capable de dire :

« J’ai failli attendre... »

Maigret s’en moquait éperdument.

Depuis deux heures et demie du matin, Maigret vivait avec son mort.

CHAPITRE III

Je suis enchanté, monsieur le commissaire, de vous avoir enfin au bout du fil.

— Croyez, monsieur le juge, que tout le plaisir est pour moi.

M meMaigret leva vivement la tête. Elle était toujours mal à l’aise quand son mari prenait cette voix-là, paisible et bonasse, et, lorsque c’était avec elle que cela arrivait, elle se mettait à pleurer, tant elle était déroutée.

— Voilà cinq fois que je vous appelle à votre bureau.

— Et je n’y étais pas ! soupira-t-il avec consternation.

Elle lui fit signe de faire attention, de ne pas oublier qu’il parlait à un juge, dont le beau-frère, par surcroît, avait été deux ou trois fois ministre.

— On vient seulement de m’apprendre que vous étiez malade...

— Si peu, monsieur le juge. Les gens exagèrent toujours. Un gros rhume. Et, encore, je me demande s’il est si gros que cela !

C’était peut-être le fait de se trouver chez lui, en pyjama, en robe de chambre moelleuse, les pieds dans des pantoufles, bien calé au fond de son fauteuil, qui inspirait à Maigret cette humeur enjouée.

— Ce qui m’étonne, c’est que vous ne m’ayez pas fait savoir qui vous remplace.

— Me remplacer où ?

La voix du juge Coméliau était sèche, froide, volontairement impersonnelle, tandis que celle du commissaire, au contraire, devenait de plus en plus bonhomme.

— Je parle de l’affaire de la place de la Concorde. Je suppose que vous ne l’avez pas oubliée !

— J’y pense toute la journée. Tout à l’heure encore, je disais à ma femme...

Et celle-ci faisait des signes plus véhéments pour lui ordonner de ne pas la mêler à cette histoire. L’appartement était petit et chaud. Les meubles de la salle à manger, en chêne sombre dataient du mariage de Maigret. En face, à travers le tulle des rideaux, on apercevait, en grandes lettres noires sur un mur blanc : Lhoste et PépinOutillage de précision .

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