Simenon, Georges - L'affaire Saint-Fiacre

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    L'affaire Saint-Fiacre
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Simenon, Georges - L'affaire Saint-Fiacre краткое содержание

L'affaire Saint-Fiacre - описание и краткое содержание, автор Simenon, Georges, читайте бесплатно онлайн на сайте электронной библиотеки LibKing.Ru
Un grattement timide à la porte ; le bruit d'un objet posé sur le plancher ; une voix furtive : « Il est cinq heures et demie ! Le premier coup de la messe vient de sonner… » Maigret fit grincer le sommier du lit en se soulevant sur les coudes et tandis qu'il regardait avec étonnement la lucarne percée dans le toit en pente, la voix reprit : « Est-ce que vous communiez ? »
Maintenant, le commissaire Maigret était debout, les pieds nus sur le plancher glacial. Il marcha vers la porte qui fermait à l'aide d'une ficelle enroulée à deux clous. Il y eut des pas qui fuyaient, et, quand il fut dans le couloir, il eut juste le temps d'apercevoir une silhouette de femme en camisole et en jupon blanc. Alors il ramassa le broc d'eau chaude que Marie Tatin lui avait apporté, ferma sa porte, chercha un bout de miroir devant lequel se raser.
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— Allô !… Oui… J’y compte ?… À tout de suite…

Le comte téléphonait toujours, puis marchait dans le corridor longeant toutes les pièces, montait à l’étage et ses pas s’arrêtaient dans la chambre de la morte.

D’autres pas, plus lourds, dans le hall. On frappa à la porte qui s’ouvrit aussitôt. C’était le régisseur.

— Vous m’avez demandé ?

Mais il s’apercevait que le comte n’était pas là, regardait avec ahurissement les trois personnes réunies, battait en retraite, questionnait le maître d’hôtel qui arrivait.

— De l’eau de Seltz ? s’inquiétait Jean Métayer.

Et l’avocat, plein de bonne volonté, commençait en toussotant :

— Nous avons l’un et l’autre de drôles de professions, commissaire… Il y a longtemps que vous appartenez à la police ?… Moi, je suis inscrit au barreau depuis bientôt quinze ans… C’est vous dire que j’ai été mêlé aux événements les plus troublants qu’on puisse imaginer… À votre santé !… À la vôtre, monsieur Métayer… Je suis content pour vous de la tournure que prennent les…

La voix du comte, dans le corridor :

— Eh bien ! vous en trouverez ! Téléphonez à votre fils, qui est en train de jouer au billard au Café de Paris, à Moulins… Il apportera le nécessaire.

La porte s’ouvrit. Le comte entra.

— Vous avez à boire ?… Il n’y a pas de cigares, ici ?

Et il regardait Métayer d’un air interrogateur.

— Des cigarettes… Je ne fume que…

Le jeune homme n’acheva pas, détourna la tête, gêné.

— Je vais vous en apporter.

— Messieurs, vous voudrez bien excuser le repas très sommaire que vous allez faire… Nous sommes éloignés de la ville et…

— Allons ! Allons ! intervint l’avocat, à qui l’alcool commençait à faire de l’effet. Je suis persuadé que ce sera très bien… C’est le portrait d’un de vos parents ?…

Il montrait, au mur du grand salon, le portrait d’un homme vêtu d’une redingote rigide, le cou pris dans un faux col empesé.

— C’est mon père.

— Oui ! vous lui ressemblez.

Le domestique introduisait le docteur Bouchardon qui regarda autour de lui avec méfiance, comme s’il eût pressenti un drame. Mais Saint-Fiacre le reçut d’une façon enjouée.

— Entrez, docteur… Je suppose que vous connaissez Jean Métayer… Son avocat… Un homme charmant, comme vous le verrez… Quant au commissaire…

Les deux hommes se serrèrent la main et quelques instants plus tard le médecin grommelait à l’oreille de Maigret :

— Qu’est-ce que vous avez manigancé là ?

— Ce n’est pas moi… C’est lui !

L’avocat, par contenance, se dirigeait sans cesse vers le guéridon sur lequel son verre était posé et il ne se rendait pas compte qu’il buvait plus que de raison.

— Quelle merveille, ce vieux château !… Et quel cadre pour un film !… C’est ce que je disais récemment au procureur de Bourges, qui a horreur du cinéma… Tant qu’on tournera dans des décors qui…

Il s’animait, cherchait sans cesse à se raccrocher à quelqu’un.

Quant au comte, il s’était approché de Métayer et se montrait à son égard d’une amabilité inquiétante.

— Le plus triste, ici, ce sont les longues soirées d’hiver, n’est-ce pas ?… De mon temps, je me souviens que mon père avait l’habitude d’inviter, lui aussi, le docteur et le curé… Ce n’étaient pas les mêmes qu’à présent… Mais déjà le docteur était un mécréant et les discussions finissaient toujours par rouler sur des sujets philosophiques… Voici justement le…

C’était le curé, les yeux cernés, l’attitude compassée, qui ne savait que dire et qui restait hésitant sur le seuil.

— Excusez-moi d’être en retard, mais…

À travers les portes ouvertes, on voyait deux domestiques qui dressaient les couverts dans la salle à manger.

— Offrez donc quelque chose à boire à M. le curé…

C’était à Métayer que le comte parlait. Maigret remarquait que lui-même ne buvait pas. Mais l’avocat, lui, ne tarderait pas à être ivre. Il expliquait au commissaire avec ahurissement :

— Un peu de diplomatie, tout simplement ! Ou, si vous préférez, la connaissance de l’âme humaine… Ils sont à peu près du même âge, de bonne famille tous les deux… Dites-moi pourquoi ils se seraient regardés comme des chiens de faïence ?… Est-ce que leurs intérêts ne sont pas connexes ?… Le plus curieux…

Il rit. Il but une gorgée d’alcool.

— … C’est que cela s’est passé par hasard, dans un café… Comme quoi ces braves cafés de province, où l’on est comme chez soi, ont du bon…

On avait entendu dehors un bruit de moteur. Le comte pénétra un peu plus tard dans la salle à manger où le régisseur se trouvait et l’on perçut une fin de phrase :

— Tous les deux, oui !… Si vous voulez !… C’est un ordre !…

Sonnerie de téléphone. Le comte était revenu au milieu de ses invités. Le maître d’hôtel entra dans le fumoir.

— L’entrepreneur des pompes funèbres… Il demande à quelle heure on peut apporter le cercueil…

— Quand il voudra.

— Bien, monsieur le comte !

Et celui-ci lança presque gaiement :

— À table, voulez-vous ?… J’ai fait monter les dernières bouteilles de la cave… Passez le premier, monsieur le curé… Cela manque un peu de dames, mais…

Maigret voulut le retenir un instant par la manche. L’autre le regarda dans les yeux, avec une pointe d’impatience, se dégagea brusquement et pénétra dans la salle à manger.

— J’ai invité M. Gautier, notre régisseur, ainsi que son fils, qui est un garçon d’avenir, à partager notre repas…

Maigret regardait les cheveux de l’employé de banque et, malgré son inquiétude, il ne put s’empêcher de sourire. Les cheveux étaient humides. Avant d’entrer au château, le jeune homme avait rectifié sa raie, s’était lavé la figure et les mains, avait changé de cravate.

— À table, messieurs !

Et le commissaire eut la certitude qu’un sanglot gonflait la gorge de Saint-Fiacre. Cela passa inaperçu, parce que le docteur détournait involontairement l’attention en saisissant un flacon poudreux et en murmurant :

— Vous avez encore de l’Hospice de Beaune 1896 ?… Je croyais que les dernières bouteilles avaient été acquises par le Restaurant Larue et que…

Le reste se perdit dans le bruit des chaises remuées. Le prêtre, mains jointes sur la nappe, tête baissée, lèvres mobiles, récitait les grâces.

Maigret surprit le regard insistant que Saint-Fiacre laissait peser sur lui.

IX

Sous le signe de Walter Scott

La salle à manger était la pièce du château qui avait le moins perdu de son caractère, grâce aux boiseries sculptées qui couvraient les murs jusqu’au plafond. En outre, la pièce était plus haute que vaste, ce qui la rendait non seulement solennelle mais lugubre, car on avait l’impression de manger au fond d’un puits.

Sur chaque panneau, deux lampes électriques, de ces lampes oblongues qui imitent les cierges, y compris les fausses larmes de cire.

Au milieu de la table, un vrai chandelier à sept branches, avec sept vraies bougies.

Le comte de Saint-Fiacre et Maigret étaient face à face, mais ne pouvaient se voir qu’en raidissant le torse pour regarder par-dessus les flammes.

À droite du comte, le prêtre. À gauche, le docteur Bouchardon. Le hasard avait placé Jean Métayer à un bout de la table, l’avocat à l’autre bout. Et aux côtés du commissaire il y avait le régisseur d’une part, Émile Gautier de l’autre.

Le maître d’hôtel s’avançait parfois dans la lumière pour servir les convives, mais aussitôt qu’il reculait de deux mètres il était noyé dans l’ombre et l’on ne voyait plus que ses mains gantées de blanc.

— Ne trouvez-vous pas qu’on se croirait dans un roman de Walter Scott ?

C’était le comte qui parlait, d’une voix indifférente. Et pourtant Maigret tendit l’oreille, car il sentit une intention, devina que quelque chose allait commencer.

On n’était qu’aux hors-d’œuvre. Sur la table, il y avait pêle-mêle une vingtaine de bouteilles de vin blanc et rouge, bordeaux et bourgognes, et chacun se servait à sa guise.

— Il n’y a qu’un détail qui cloche… poursuivait Maurice de Saint-Fiacre. Dans Walter Scott, la pauvre vieille, là-haut, se mettrait tout à coup à crier…

L’espace de quelques secondes, chacun cessa de mastiquer et l’on sentit passer comme un courant d’air glacé.

— Au fait, Gautier, on l’a laissée toute seule ?

Le régisseur avala en hâte, bégaya :

— Elle… Oui… Il n’y a personne dans la chambre de M me la comtesse…

— Ce ne doit pas être gai !

À cet instant un pied frôla celui de Maigret avec insistance, mais le commissaire ne put deviner à qui ce pied appartenait. La table était ronde. Chacun pouvait en atteindre le centre. Et l’incertitude de Maigret allait continuer car, durant la soirée, les petits coups de pied allaient se succéder à une cadence de plus en plus rapide.

— Elle a reçu beaucoup de monde, aujourd’hui ?

C’était gênant de l’entendre parler ainsi de sa mère comme d’une personne vivante, et le commissaire constata que Jean Métayer en était si affecté qu’il cessait de manger et qu’il regardait droit devant lui de ses yeux de plus en plus cernés.

— Presque tous les fermiers du pays ! répondit la voix grave du régisseur.

Quand le maître d’hôtel apercevait une main tendue vers une bouteille, il s’approchait sans bruit. On voyait surgir son bras noir terminé par un gant blanc. Le liquide coulait. Et c’était fait dans un tel silence, avec une adresse telle que l’avocat, plus qu’éméché, recommença trois ou quatre fois l’expérience avec émerveillement.

Il suivait, ravi, ce bras qui ne frôlait même pas son épaule. À la fin il n’y tint plus.

— Épatant ! Maître d’hôtel, vous êtes un as et, si je pouvais me payer un château, je vous prendrais à mon service…

— Bah ! le château sera bientôt à vendre pour pas cher…

Cette fois, tout de même, Maigret fronça les sourcils en regardant Saint-Fiacre qui parlait de la sorte, d’une drôle de voix indifférente mais quelque peu funambulesque. Malgré tout, il y avait dans ces reparties quelque chose de grinçant. Avait-il enfin les nerfs à fleur de peau ? Était-ce une façon sinistre de plaisanter ?

— Poulets demi-deuil… annonça-t-il comme le maître d’hôtel apportait en effet des poulets aux truffes.

Et, sans transition, de la même voix légère :

— L’assassin va manger du poulet demi-deuil, comme les autres !

Le bras du maître d’hôtel se glissait entre les convives. La voix du régisseur articula avec une désolation comique :

— Oh ! monsieur le comte…

— Mais oui ! Qu’y a-t-il d’extraordinaire à cela ? L’assassin est ici, cela ne fait aucun doute ! Mais que cela ne vous coupe pas l’appétit, monsieur le curé ! Le cadavre est dans la maison aussi et cela ne nous empêche pas de manger… Un peu de vin pour M. le curé, Albert !…

Le pied frôlait à nouveau la cheville de Maigret qui laissa tomber sa serviette, se pencha sous la table, mais trop tard. Quand il se redressa, le comte disait sans s’arrêter de manger son poulet :

— Je parlais tout à l’heure de Walter Scott, à cause de l’atmosphère qui règne dans cette pièce, mais aussi et surtout à cause de l’assassin… En somme, n’est-ce pas ? c’est une veillée funèbre… Les obsèques ont lieu demain matin et il est probable que nous ne nous séparerons pas d’ici là… M. Métayer a tout au moins le mérite d’avoir rempli la cave à liqueurs d’excellent whisky…

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