Simenon, Georges - L'affaire Saint-Fiacre

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    L'affaire Saint-Fiacre
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Simenon, Georges - L'affaire Saint-Fiacre краткое содержание

L'affaire Saint-Fiacre - описание и краткое содержание, автор Simenon, Georges, читайте бесплатно онлайн на сайте электронной библиотеки LibKing.Ru
Un grattement timide à la porte ; le bruit d'un objet posé sur le plancher ; une voix furtive : « Il est cinq heures et demie ! Le premier coup de la messe vient de sonner… » Maigret fit grincer le sommier du lit en se soulevant sur les coudes et tandis qu'il regardait avec étonnement la lucarne percée dans le toit en pente, la voix reprit : « Est-ce que vous communiez ? »
Maintenant, le commissaire Maigret était debout, les pieds nus sur le plancher glacial. Il marcha vers la porte qui fermait à l'aide d'une ficelle enroulée à deux clous. Il y eut des pas qui fuyaient, et, quand il fut dans le couloir, il eut juste le temps d'apercevoir une silhouette de femme en camisole et en jupon blanc. Alors il ramassa le broc d'eau chaude que Marie Tatin lui avait apporté, ferma sa porte, chercha un bout de miroir devant lequel se raser.
[http://www.amazon.fr/LAffaire-Saint-Fiacre-Georges-Simenon/dp/225314293X](http://www.amazon.fr/LAffaire-Saint-Fiacre-Georges-Simenon/dp/225314293X)

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— Attention, Albert !… Il doit rester à égale distance de chacun…

Il attendit que la porte fût refermée.

— Et voilà ! conclut-il. Il ne reste que moi ! Je ne vous apprends rien en vous disant que je n’ai jamais rien fait de bon ! Sauf peut-être du vivant de mon père… Mais, puisqu’il est mort alors que je n’avais que dix-sept ans…

« Je suis à la côte ! Tout le monde sait ça ! Les petits journaux hebdomadaires en parlent à mots à peine couverts…

« Chèques sans provision… Je tape maman le plus souvent possible… J’invente la maladie de Berlin pour obtenir quelques milliers de francs…

« Remarquez que c’est, en plus petit, le coup du missel…

« Or, que se passe-t-il ?… L’argent qui me revient est dépensé par des petits salopards comme Métayer… Excusez-moi, mon vieux… Nous faisons toujours de la psychologie transcendante…

« Bientôt il ne restera plus rien… Je téléphone à ma mère, à un moment où un chèque non provisionné va me valoir la prison… Elle refuse de payer… Cela pourra être établi par des témoignages…

« Enfin, si cela continue, dans quelques semaines il ne restera rien de mon patrimoine…

« Deux hypothèses, comme pour Émile Gautier. La première…

Jamais, de sa carrière, Maigret n’avait été aussi mal à l’aise. Et sans doute était-ce la première fois qu’il avait la sensation très nette d’être inférieur à la situation. Les événements le dépassaient. Parfois il croyait comprendre et l’instant d’après une phrase de Saint-Fiacre remettait tout en question !

Et il y avait toujours ce pied insistant, contre le sien.

— Si l’on parlait d’autre chose ! osa lancer l’avocat parfaitement soûl.

— Messieurs… commença le prêtre.

— Pardon ! Vous me devez votre temps jusqu’à minuit au moins ! Je disais que la première hypothèse…

« Parfait ! Vous m’avez fait perdre le fil de mes idées…

Et, comme pour le retrouver, il se versa un plein verre de whisky.

— Je sais que ma mère est très sensible. Je glisse le papier dans son missel, histoire de l’effrayer et, par le fait, de l’attendrir, avec l’idée de revenir le lendemain pour lui demander les fonds nécessaires et l’espoir de la trouver plus accommodante…

« Mais il y a la seconde hypothèse ! Pourquoi ne voudrais-je pas tuer, moi aussi ?

« Tout l’argent des Saint-Fiacre n’est pas dévoré ! Il en reste un peu ! Et, dans ma situation, un peu d’argent, si peu que ce soit, c’est peut-être le salut !

« Je sais vaguement que Métayer est couché sur le testament. Mais un assassin ne peut hériter…

« Est-ce que ce n’est pas lui qu’on soupçonnera du crime ? Lui qui passe une partie de son temps dans une imprimerie de Moulins ! Lui qui, vivant au château, peut comme il veut et quand il veut glisser le papier dans le missel ?

« Ne suis-je pas arrivé à Moulins samedi après-midi ? Et n’ai-je pas attendu là-bas, en compagnie de ma maîtresse, le résultat de cette manœuvre ?…

Il se leva, son verre à la main.

— À votre santé, messieurs… Vous êtes lugubres… Je le regrette… Toute la vie de ma pauvre mère, durant ces dernières années, a été lugubre… Pas vrai, monsieur le curé ?… Il serait juste que sa dernière nuit soit accompagnée d’un peu de gaieté…

Il regarda le commissaire dans les yeux :

— À votre santé, monsieur Maigret !

De qui se moquait-il ? De lui ? De tout le monde ?

Maigret se sentait en présence d’une force contre laquelle il n’y avait rien à tenter. Certains individus, à un moment donné de leur vie, ont ainsi une heure de plénitude, une heure pendant laquelle ils sont placés en quelque sorte au-dessus du reste de l’humanité et d’eux-mêmes.

C’est le cas du joueur qui, à Monte-Carlo, gagne à tout coup, quoi qu’il fasse. C’est le cas du parlementaire de l’opposition, jusque-là inconnu, qui, par son discours, fait vaciller le gouvernement, le renverse et en est le premier étonné, puisqu’il ne désirait que quelques lignes au Journal officiel.

Maurice de Saint-Fiacre vivait son heure. Il y avait en lui une force qu’il ne soupçonnait pas lui-même et les autres ne pouvaient que baisser la tête.

Mais n’était-ce pas l’ivresse qui l’emportait de la sorte ?

— Revenons à ce qui a fait le début de notre entretien, messieurs, puisqu’il n’est pas encore minuit… J’ai dit que l’assassin de ma mère était parmi nous… J’ai prouvé que ce pouvait être moi ou l’un d’entre vous, hormis peut-être le commissaire et le docteur !

« Encore n’en suis-je pas sûr…

« Et j’ai annoncé sa mort…

« Me permettez-vous une fois de plus le jeu des hypothèses ? Il sait que la loi ne peut rien contre lui. Mais il sait aussi que nous sommes quelques-uns, ou plutôt qu’il restera quelques personnes, six au moins, connaissant son crime…

« Là encore, nous nous trouvons devant plusieurs solutions…

« La première est la plus romantique, la plus conforme à Walter Scott…

« Mais il faut que je fasse une nouvelle parenthèse… Quelle est la caractéristique de ce crime ?… C’est qu’il y a au moins cinq individus qui gravitaient autour de la comtesse… Cinq individus qui avaient intérêt à sa mort, qui ont peut-être, chacun de son côté, envisagé les moyens de provoquer celle-ci…

« Un seul a osé… Un seul a tué !…

« Eh bien ! je vois très bien celui-là profiter de cette soirée pour se venger des autres… Il est perdu !… Pourquoi ne pas nous faire sauter tous ?…

Et Maurice de Saint-Fiacre, avec un sourire désarmant, regarda chacun tour à tour.

— Est-ce assez passionnant ? La vieille salle à manger du vieux château, les bougies, la table chargée de bouteilles… Puis, à minuit, la mort… Notez que c’est en même temps la suppression du scandale… Demain, les gens accourent et n’y comprennent rien… On parle de fatalité ou d’attentat anarchiste…

L’avocat s’agita sur sa chaise, jeta un coup d’œil anxieux autour de lui, vers la pénombre qui commençait à régner à moins d’un mètre de la table.

— Si je puis me permettre de rappeler que je suis médecin, grommela Bouchardon, je conseillerais à chacun une tasse de café bien noir…

— Et moi, dit lentement le prêtre, je vous dirai qu’il y a un mort dans la maison…

Saint-Fiacre hésita une seconde. Un pied frôla la cheville de Maigret qui se pencha soudain, trop tard une fois de plus.

— Je vous ai demandé jusqu’à minuit… Je n’ai examiné que la première hypothèse… Il y en a une seconde… L’assassin, traqué, affolé, se tire une balle dans la tête… Mais je ne crois pas qu’il le fera…

— Je supplie que l’on passe au fumoir ! glapit l’avocat en se levant et en se raccrochant au dossier de sa chaise pour ne pas tomber.

— Et enfin, il y a une troisième hypothèse… Quelqu’un, qui tient à l’honneur de la famille, vient en aide à l’assassin… Attendez… La question est plus complexe… Est-ce qu’il ne faut pas éviter le scandale ?… Est-ce qu’il ne faut pas aider le coupable à se suicider ?…

« Le revolver est là, messieurs, à égale distance de toutes les mains… Il est minuit moins dix… Je vous répète qu’à minuit l’assassin sera mort…

Et cette fois l’accent était tel que chacun resta coi. Les respirations étaient suspendues.

— La victime est là-haut, veillée par un domestique… L’assassin est ici, entouré par sept personnes…

Saint-Fiacre vida d’un trait le contenu de son verre. Et le pied anonyme frôlait toujours le pied de Maigret.

— Minuit moins six… Est-ce assez Walter Scott ? Tremblez, monsieur l’assassin…

Il était ivre ! Et il continuait à boire !

— Cinq personnes au moins pour dépouiller une vieille femme privée de son mari, d’affection… Un seul qui a osé… Ce sera la bombe ou le revolver, messieurs… La bombe qui nous fera sauter tous, ou le revolver qui n’atteindra que le coupable… Minuit moins quatre…

Et d’une voix sèche :

— N’oubliez pas que personne ne sait !…

Il saisit la bouteille de whisky, servit à la ronde, en commençant par le verre de Maigret et en finissant par celui d’Émile Gautier.

Il ne remplit pas le sien. N’avait-il pas assez bu ? Une bougie s’éteignit. Les autres allaient suivre.

— J’ai dit minuit… Minuit moins trois…

Il affectait des airs de commissaire-priseur.

— Minuit moins trois… moins deux… L’assassin va mourir… Vous pouvez commencer une prière, monsieur le curé… Et vous, docteur, avez-vous au moins votre trousse ?… Moins deux… Moins une et demie…

Et toujours ce pied insistant contre le pied de Maigret. Il n’osait plus se baisser, par crainte de rater un autre spectacle.

— Moi, je m’en vais ! cria l’avocat en se levant.

Tous les regards se tournèrent vers lui. Il était debout. Il étreignait le dossier de sa chaise. Il hésitait à esquisser les trois pas dangereux qui le conduiraient à la porte. Il hoqueta.

Et au même moment une détonation retentit. Il y eut une seconde, peut-être deux, d’immobilité générale.

Une deuxième bougie s’éteignit et en même temps Maurice de Saint-Fiacre vacilla, heurta des épaules le dossier de sa chaise gothique, se pencha à gauche, eut un sursaut pour gagner la droite mais retomba, inerte, la tête sur le bras du curé.

X

La veillée funèbre

La scène qui suivit fut confuse. Partout il se passait quelque chose et, après coup, chacun n’eût pu que raconter la petite partie des événements qu’il avait vue personnellement.

Il ne restait que cinq bougies pour éclairer la salle à manger. D’énormes pans demeuraient dans l’ombre et les gens, en s’agitant, y entraient ou en sortaient comme des coulisses d’un théâtre.

Celui qui avait tiré, c’était un des voisins de Maigret : Émile Gautier. Et, le coup à peine parti, il tendait les deux poignets vers le commissaire, en un geste un peu théâtral.

Maigret était debout. Gautier se leva. Son père aussi. Et tous trois formèrent un groupe d’un côté de la table, tandis qu’un autre groupe se constituait autour de la victime.

Le comte de Saint-Fiacre avait toujours le front sur le bras du prêtre. Le médecin s’était penché, avait regardé autour de lui d’un air sombre.

— Mort ?… questionnait la voix de l’avocat grassouillet.

Pas de réponse. On eût dit que, dans ce camp-là, les choses se passaient mollement, entre mauvais acteurs.

Il n’y avait que Jean Métayer à n’être ni d’un groupe ni de l’autre. Il était resté près de sa chaise, inquiet, en proie à un tremblement, et il ne savait de quel côté regarder.

Pendant les minutes qui avaient précédé son geste, Émile Gautier avait dû préparer son attitude, car, à peine avait-il remis l’arme sur la table qu’il faisait littéralement une déclaration en regardant Maigret dans les yeux.

— C’est lui-même qui l’a annoncé, n’est-ce pas ?… L’assassin devait mourir… Et, puisqu’il était trop lâche pour se faire justice lui-même…

Son assurance était extraordinaire.

— J’ai fait ce que j’ai considéré comme mon devoir…

Est-ce que les autres, de l’autre côté de la table, entendaient ? Il y avait des pas dans le couloir. C’étaient les domestiques. Et le docteur alla à la porte pour les empêcher d’entrer. Maigret n’entendit pas ce qu’il leur dit pour les éloigner.

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