Simenon, Georges - Le pendu de Saint-Pholien

Тут можно читать онлайн Simenon, Georges - Le pendu de Saint-Pholien - бесплатно полную версию книги (целиком) без сокращений. Жанр: Policier. Здесь Вы можете читать полную версию (весь текст) онлайн без регистрации и SMS на сайте лучшей интернет библиотеки ЛибКинг или прочесть краткое содержание (суть), предисловие и аннотацию. Так же сможете купить и скачать торрент в электронном формате fb2, найти и слушать аудиокнигу на русском языке или узнать сколько частей в серии и всего страниц в публикации. Читателям доступно смотреть обложку, картинки, описание и отзывы (комментарии) о произведении.
  • Название:
    Le pendu de Saint-Pholien
  • Автор:
  • Жанр:
  • Издательство:
    неизвестно
  • Год:
    неизвестен
  • ISBN:
    нет данных
  • Рейтинг:
    4/5. Голосов: 91
  • Избранное:
    Добавить в избранное
  • Отзывы:
  • Ваша оценка:
    • 80
    • 1
    • 2
    • 3
    • 4
    • 5

Simenon, Georges - Le pendu de Saint-Pholien краткое содержание

Le pendu de Saint-Pholien - описание и краткое содержание, автор Simenon, Georges, читайте бесплатно онлайн на сайте электронной библиотеки LibKing.Ru

Au nord de la Hollande, près de la frontière allemande, dans la gare du village de Neuschang, le commissaire Maigret subtilise sa valise à un voyageur rencontré par hasard et qui lui avait paru suspect et la remplace par une autre valise, identique. Le voyageur, Louis Jeunet, remarque qu'on a échangé son bagage et se tue d'un coup de revolver dans la bouche. Maigret va mener son enquête et essayer de découvrir pourquoi cet homme s'est suicidé pour une valise qui ne contenait qu'un costume et deux chemises.


Le pendu de Saint-Pholien - читать онлайн бесплатно полную версию (весь текст целиком)

Le pendu de Saint-Pholien - читать книгу онлайн бесплатно, автор Simenon, Georges
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Belloir devait quitter sa maison neuve et se diriger vers le portail en marbre de la banque, tandis que sa femme promenait leur fils le long des avenues.

Tout le monde le saluait. Son beau-père était le plus gros négociant de la région. Ses beaux-frères étaient dans l’industrie. Il avait un bel avenir.

Janin, lui, avec sa barbiche noire et sa lavallière, roulait vers Paris – en troisième classe, Maigret l’aurait parié.

Et, tout en bas de l’échelle, il y avait le blême voyageur de Neuschanz et de Brême, le mari de l’herboriste de la rue Picpus, le fraiseur de la rue de la Roquette, aux ivresses solitaires, qui allait contempler sa femme à travers les vitrines de la boutique, s’envoyait à lui-même des billets de banque enveloppés comme de vieux journaux, achetait des petits pains aux saucisses dans un buffet de gare et se tirait une balle dans la bouche parce qu’on lui avait pris un vieux complet qui ne lui appartenait pas.

— Vous y êtes, commissaire ?

Maigret sursauta et ce fut un regard tout brouillé qu’il fixa sur son compagnon, si brouillé que celui-ci, gêné, essaya de rire - mal ! - et balbutia :

— Vous rêviez ?… Vous sembliez en tout cas loin d’ici… Je parie que c’est encore votre suicidé qui vous tracasse…

Pas tout à fait ! Car, au moment précis où on l’interpellait, Maigret, sans savoir lui-même pourquoi, faisait un drôle de compte, le compte des enfants mêlés à cette histoire : un rue Picpus, entre sa mère et sa grand-mère, dans une boutique fleurant la menthe et le caoutchouc ; un à Reims, qui apprenait à tenir le coude à hauteur du menton, en passant l’archet sur les cordes d’un violon ; deux à Liège, chez Jef Lombard, où l’on en attendait un troisième…

— Un dernier armagnac, pas vrai ?…

— Merci… Cela suffit…

— Allons ! le coup de l’étrier, ou plutôt du marchepied…

Joseph Van Damme fut seul à rire, comme il éprouvait sans cesse le besoin de le faire, à la façon d’un gamin qui a peur de descendre à la cave et qui siffle pour se persuader qu’il a du courage.

V

La panne de Luzancy

Il y a eut rarement, tandis qu’on roulait à vive allure dans la nuit tombante, un silence de trois minutes. Toujours Joseph Van Damme trouvait quelque chose à raconter, et, l’armagnac aidant, il parvenait à garder son enjouement.

L’auto était une ancienne voiture de maître aux coussins fatigués, avec des porte-bouquet et des vide-poches en marqueterie. Le chauffeur portait un trench-coat et avait le cou entouré d’une écharpe tricotée.

A certain moment, alors qu’on roulait depuis près de deux heures, les gaz furent coupés et la voiture stoppa au bord d’un chemin, à un kilomètre au moins d’un village dont on apercevait quelques lumières voilées de brume.

Le chauffeur se pencha sur ses roues arrière, ouvrit la portière, annonça qu’un pneu était crevé et qu’il en avait pour un quart d’heure environ à réparer.

Les deux hommes descendirent. Déjà le mécanicien installait un cric sous l’essieu, tout en affirmant qu’il n’avait pas besoin d’aide.

Qui, de Maigret ou de Van Damme, proposa de marcher ? A vrai dire, ni l’un ni l’autre. Ce fut naturel. Ils firent d’abord quelques pas sur la route, aperçurent un petit chemin au bout duquel courait l’eau rapide d’une rivière.

— Tiens !… La Marne !… remarqua Van Damme. Elle est en crue…

Ils suivirent le chemin, à pas lents, en fumant leur cigare.

On entendait un bruit confus dont on ne comprit la provenance qu’une fois sur la rive.

A cent mètres, de l’autre côté de l’eau, il y avait une écluse, celle de Luzancy, dont les abords étaient déserts, les portes closes. Et aux pieds des deux hommes, c’était le barrage, avec sa chute laiteuse, son bouillonnement, ses remous, son courant puissant. La Marne était grosse.

Dans l’obscurité, on devinait des branches d’arbres, peut-être des arbres entiers qui passaient au fil de l’eau, heurtaient le barrage et finissaient par le franchir.

Une seule lumière : celle de l’écluse, en face.

A ce moment précis, Joseph Van Damme, poursuivant son discours, disait :

— … les Allemands font chaque année des efforts inouïs pour capter l’énergie des rivières, imités en cela par les Russes… En Ukraine, on construit un barrage qui coûtera cent vingt millions de dollars, mais qui fournira l’énergie électrique à trois provinces…

Ce fut imperceptible : la voix fléchit sur les mots énergie électrique . Puis elle reprit de l’ampleur. Puis l’homme éprouva le besoin de tousser, de tirer son mouchoir de sa poche et de se moucher.

Ils étaient à moins de cinquante centimètres de l’eau et soudain Maigret, poussé dans le dos, perdit l’équilibre, oscilla, roula en avant, s’accrocha des deux mains aux herbes du talus, les pieds dans l’eau, tandis que son chapeau glissait déjà par-dessus le barrage.

Le reste fut rapide, car le commissaire attendait le coup. Des mottes de terre cédaient sous sa main droite.

Mais la gauche avait saisi une branche flexible qu’il avait repérée.

Quelques secondes s’étaient à peine écoulées qu’il était à genoux sur le chemin de halage, puis debout, et qu’il criait à une silhouette qui s’éloignait :

— Halte !…

Chose étrange, Van Damme n’osait pas courir. Il se dirigeait vers la voiture en pressant à peine le pas, en se retournant, les jambes coupées par l’émotion.

Et il se laissa rejoindre, tête basse, le cou enfoncé dans le col de son pardessus. Il n’eut qu’un geste, un geste de rage, comme s’il eût frappé du poing une table imaginaire, et il gronda entre ses dents :

— Imbécile !…

A tout hasard, Maigret avait sorti son revolver. Sans le lâcher, sans cesser d’observer son compagnon, il secoua ses pantalons mouillés jusqu’aux genoux, tandis que l’eau giclait de ses chaussures.

Le chauffeur, sur la route, donnait de petits coups de corne pour annoncer que la voiture était en ordre de marche.

— Allez !… fit le commissaire.

Et ils reprirent leur place, en silence. Van Damme avait toujours son cigare entre les dents. Il évitait le regard de Maigret.

Dix kilomètres. Vingt kilomètres. Une agglomération qu’on traversa au ralenti. Des gens qui circulaient dans des rues éclairées. Puis à nouveau la route.

— Vous ne pouvez quand même pas m’arrêter…

Le commissaire tressaillit, tant ces mots prononcés lentement, d’une voix têtue, étaient inattendus. Et pourtant ils répondaient avec exactitude à ses préoccupations.

On atteignait Meaux. La grande banlieue succédait à la campagne. Une pluie fine commençait à tomber, et chaque goutte, lorsqu’on passait devant un réverbère, devenait une étoile. Le policier prononça alors, la bouche près du cornet acoustique :

— Vous nous conduirez à la Préfecture, quai des Orfèvres…

Il bourra une pipe qu’il ne put fumer parce que ses allumettes étaient mouillées. Il ne voyait pas le visage de son voisin, tourné vers la portière, réduit à un profil perdu qu’estompait la pénombre. Mais on le sentait farouche.

Il y avait maintenant dans l’atmosphère quelque chose de dur, d’à la fois fielleux et concentré.

Maigret lui-même avançait un peu les maxillaires inférieurs dans une expression hargneuse.

Cela se traduisit, quand l’auto se rangea en face de la Préfecture, par un incident saugrenu. Le policier était sorti le premier.

— Venez ! prononça-t-il.

Le chauffeur attendait d’être payé et Van Damme ne semblait pas s’en préoccuper. Il y eut un instant de flottement. Maigret dit, non sans se rendre compte du ridicule de la situation :

— Eh bien ?… C’est vous qui avez loué la voiture…

— Pardon… Si c’est comme prisonnier que j’ai voyagé, c’est à vous de payer…

Ce détail ne trahissait-il pas tout le chemin parcouru depuis Reims et surtout la transformation qui s’était opérée chez le Belge ?

Maigret paya, montra sans mot dire le chemin à son compagnon , referma la porte de son bureau, où son premier soin fut de tisonner le poêle.

Il ouvrit un placard, en tira des vêtements et, sans se soucier de son hôte, changea de pantalon, de chaussettes et de souliers, mit à sécher près du feu les effets mouillés.

Van Damme s’était assis, sans y être invité. En pleine lumière, le changement était plus frappant encore.

Il avait laissé à Luzancy sa fausse bonhomie, sa rondeur, son sourire un peu contraint et, traits tirés, le regard sournois, il attendait.

Maigret s’occupa encore dans la pièce en feignant de se désintéresser de lui, mit des dossiers en ordre, téléphona à son chef pour lui demander un renseignement qui n’avait aucun rapport avec l’affaire.

Enfin, se campant devant Van Damme, il prononça :

— Où, quand et comment avez-vous connu le suicidé de Brême, voyageant avec un passeport au nom de Louis Jeunet ?…

L’autre tressaillit à peine. Mais il leva la tête en un geste décidé, répliqua :

— A quel titre suis-je ici ?

— Vous refusez de répondre à ma question ?

Van Damme rit, d’un rire nouveau, ironique, méchant.

— Je connais les lois aussi bien que vous, commissaire. Ou bien vous m’inculpez et j’attends de voir le mandat d’arrêt, ou bien vous ne m’inculpez pas et rien ne m’oblige à vous répondre.

» Dans le premier cas, le code prévoit que je puis attendre, pour parler, d’être assisté d’un avocat.

Maigret ne se fâcha pas, ne parut même pas contrarié par cette attitude. Au contraire ! Il regarda son compagnon avec curiosité, avec peut-être une certaine satisfaction.

Grâce à l’incident de Luzancy, Joseph Van Damme avait été forcé d’abandonner ses attitudes artificielles. Non seulement celles qu’il prenait devant Maigret, mais celles qu’il prenait devant le monde et jusque devant lui-même !

Il ne restait à peu près rien de l’homme d’affaires joyeux et superficiel de Brême, allant des grandes tavernes à son bureau moderne et de son bureau dans les restaurants réputés. Rien de sa légèreté de commerçant heureux en affaires, abattant la besogne et accumulant l’argent avec une allègre énergie, un appétit de gros viveur !

Il n’y avait plus qu’un visage buriné, à la chair sans couleur, et l’on eût juré qu’en une heure des poches avaient eu le temps de se former sous les paupières !

N’est-ce pas qu’une heure avant Van Damme était encore un homme libre qui, s’il avait quelque chose sur la conscience, gardait l’assurance que lui donnaient sa réputation, son argent, sa patente et son habileté ?

Il avait lui-même marqué cette différence.

A Reims, il offrait tournée sur tournée. Il tendait à son compagnon des cigares de luxe. Il commandait et le patron s’affairait pour lui plaire, téléphonait au garage en recommandant d’envoyer la voiture la plus confortable.

Il était quelqu’un !

A Paris, il avait refusé de payer la course. Il parlait du code. On le sentait prêt à discuter, à se défendre pied à pied, âprement, comme on défend sa tête.

Et il était furieux contre lui-même ! Son exclamation, après le geste des bords de la Marne, le prouvait !

Il n’avait rien prémédité. Il ne connaissait pas le chauffeur. Au moment de la panne, même, il n’avait pas pensé tout de suite au parti à en tirer.

Seulement au bord de l’eau… Ces remous… Les arbres qui passaient comme de simples feuilles mortes… Sottement, sans réfléchir, il avait donné ce coup d’épaule…

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать


Simenon, Georges читать все книги автора по порядку

Simenon, Georges - все книги автора в одном месте читать по порядку полные версии на сайте онлайн библиотеки LibKing.




Le pendu de Saint-Pholien отзывы


Отзывы читателей о книге Le pendu de Saint-Pholien, автор: Simenon, Georges. Читайте комментарии и мнения людей о произведении.


Понравилась книга? Поделитесь впечатлениями - оставьте Ваш отзыв или расскажите друзьям

Напишите свой комментарий
x