Simenon, Georges - Le port des brumes

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    Le port des brumes
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Simenon, Georges - Le port des brumes краткое содержание

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Quand on avait quitté Paris, vers trois heures, la foule s’agitait encore dans un frileux soleil d’arrière-saison. Puis, vers Mantes, les lampes du compartiment s’étaient allumées. Dès Evreux, tout était noir dehors. Et maintenant, à travers les vitres où ruisselaient des gouttes de buée, on voyait un épais brouillard qui feutrait d’un halo les lumières de la voie. Bien calé dans son coin, la nuque sur le rebord de la banquette, Maigret, les yeux mi-clos, observait toujours, machinalement, les deux personnages, si différents l’un de l’autre, qu’il avait devant lui. Le capitaine Joris dormait, la perruque de travers sur son fameux crâne, le complet fripé. Et Julie, les deux mains sur son sac en imitation de crocodile, fixait un point quelconque de l’espace, en essayant de garder, malgré sa fatigue, une attitude réfléchie. Joris ! Julie !


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— Tu n’as pas raconté ce que…

Et le pêcheur, indifférent :

— J’ai dit que je vous a trouvé…

Le commissaire lui donna vingt francs et passa à l’hôtel pour se changer. Des frissons lui parcouraient tout le corps. Il avait à la fois chaud et froid. Sa barbe avait poussé dru et des poches soulignaient ses yeux.

Pourtant, malgré sa fatigue, son esprit travaillait activement. Davantage même que de coutume. Il parvenait à tout voir autour de lui, à répondre aux gens, à les questionner sans cesser de suivre un raisonnement précis.

Quand il se dirigea vers le bureau de poste, il était près de neuf heures. Lucas finissait la série de ses coups de téléphone. Les télégrammes étaient déjà partis. À ses questions, les gendarmeries répondaient qu’elles n’avaient encore rien vu.

— M. Grandmaison n’a pas demandé de communication, mademoiselle ?

— Il y a une heure… Avec Paris…

Elle lui dit le numéro. Il le chercha dans l’annuaire et s’aperçut qu’il s’agissait du Collège Stanislas.

— Le maire demande souvent ce numéro-là ?

— Assez souvent. Je crois que c’est la pension où se trouve son fils.

— C’est vrai qu’il a un fils. D’une quinzaine d’années, n’est-ce pas ?

— Je pense. Je ne l’ai jamais vu.

— M. Grandmaison n’a pas téléphoné à Caen ?

— C’est Caen qui l’a demandé. Quelqu’un de sa famille ou un de ses employés, car cela venait de chez lui.

Cliquetis du télégraphe. Une dépêche pour le port :

Remorqueur Athos arrivera en rade midi.

— Signé : Capitainerie Trouville.

Et la police de Caen, enfin, téléphonait :

— Mme Grandmaison est arrivée à quatre heures du matin, à Caen. Elle a dormi chez elle, rue du Four. Elle vient de partir en voiture pour Ouistreham.

Quand Maigret, du port, regarda la plage, la mer s’était retirée si loin que le bateau échoué était à mi-chemin à peu près entre elle et les dunes. Le capitaine Delcourt était maussade. Tout le monde observait l’horizon avec inquiétude.

Car il n’y avait pas à s’y tromper. Le vent avait molli avec le jusant, mais la tempête reprendrait de plus belle vers midi, quand la mer recommencerait à monter. Cela se sentait à la couleur du ciel, d’un gris malsain, au vert perfide des flots.

— Personne n’a vu le maire ?

— Il m’a fait dire par sa servante qu’il est malade et qu’il me laisse la direction des opérations.

Maigret se dirigea vers la villa, les deux mains dans les poches, les pieds traînants. Il sonna. On resta près de dix minutes avant de lui ouvrir.

La domestique voulut parler. Il n’écouta pas, pénétra dans le corridor, et il avait un air si buté qu’elle en fut impressionnée et se contenta de courir vers la porte du bureau.

— C’est le commissaire !… cria-t-elle.

Maigret pénétra dans la pièce qu’il commençait à connaître, jeta son chapeau sur une chaise, adressa un signe de tête à l’homme étendu dans son fauteuil.

Les meurtrissures de la veille étaient beaucoup plus visibles, parce qu’elle n’étaient plus rouges, mais bleuâtres. On avait allumé dans la cheminée un énorme feu de boulets.

Sur le visage de M. Grandmaison, on sentait la volonté de ne rien dire, et même d’ignorer le visiteur.

Maigret en fit autant de son côté. Il retira son pardessus, alla se camper le dos au feu, en homme qui ne pense qu’à se chauffer. Les flammes lui brûlaient les mollets. Il fumait sa pipe à petites bouffées précipitées.

— Avant ce soir, toute cette affaire sera terminée ! articula-t-il enfin comme pour lui-même.

L’autre s’efforça de ne pas tressaillir. Il prit même un journal qui traînait à portée de sa main et feignit de le lire.

— Peut-être, par exemple, serons-nous forcés d’aller à Caen tous ensemble…

— À Caen ?

M. Grandmaison avait levé la tête. Il fronçait les sourcils.

— À Caen, oui ! J’aurais dû vous le dire plus tôt, ce qui aurait évité à Mme Grandmaison la peine de venir ici inutilement.

— Je ne vois pas ce que ma femme…

— … a à faire dans cette galère ! acheva Maigret. Moi non plus !

Et il alla prendre des allumettes sur le bureau, pour rallumer sa pipe éteinte.

— Peu importe, d’ailleurs, reprit-il d’un ton plus léger, puisque tout à l’heure tout s’expliquera… À propos… Savez-vous qui est le propriétaire actuel du Saint-Michel, qu’on va essayer de renflouer ?… Grand-Louis !… Ou plutôt il m’a tout l’air d’un homme de paille, qui agit pour le compte d’un certain Martineau…

Le maire essayait manifestement de suivre la pensée secrète du policier. Mais il évitait de parler, et surtout de poser des questions.

— Vous allez voir l’enchaînement. Grand-Louis achète le Saint-Michel pour le compte de ce Martineau cinq jours avant la disparition du capitaine Joris… C’est le seul bateau qui ait quitté le port de Ouistreham aussitôt après cette disparition, et il touche en Angleterre et en Hollande avant de rentrer en France… de Hollande, il doit y avoir des caboteurs du même genre qui font généralement la route de Norvège… Or, Martineau est Norvégien. Et, avant de gagner Paris, le crâne fendu et réparé, le capitaine Joris est allé en Norvège.

Le maire écoutait avec attention.

— Ce n’est pas tout. Martineau revient à Fécamp rejoindre le Saint-Michel. Grand-Louis, qui est son homme à tout faire, est ici quelques heures avant la mort de Joris. Le Saint-Michel arrive un peu plus tard, avec Martineau. Et, cette nuit, il essaie de disparaître en emmenant la plupart de ceux que j’ai priés de se tenir à la disposition de la justice… Sauf vous !

Maigret marqua un temps, soupira :

— Reste à expliquer pourquoi Martineau est revenu et a essayé de se rendre à Paris, et pourquoi vous avez téléphoné à votre femme de revenir précipitamment.

— J’espère que vous ne voulez pas insinuer…

— Moi ? Rien du tout. Tenez ! On entend un moteur. Je parie que c’est Mme Grandmaison qui arrive de Caen. Voulez-vous me faire le plaisir de ne rien lui dire ?

Coup de sonnette. Les pas de la servante dans le corridor. Les échos d’une conversation à mi-voix, puis le visage de la domestique dans l’entrebâillement de la porte. Mais pourquoi ne disait-elle rien ? Pourquoi ces regards anxieux à son maître ?

— Eh bien ! s’impatienta celui-ci.

— C’est que…

Maigret la bouscula, arriva dans le corridor où il ne vit qu’un chauffeur en uniforme.

— Vous avez perdu Mme Grandmaison en route ? lui dit-il à brûle-pourpoint.

— C’est-à-dire que… qu’elle…

— Où vous a-t-elle quitté ?

— À l’embranchement des routes de Caen et de Deauville. Elle se sentait souffrante.

Dans le bureau, le maire était debout, les traits durs, la respiration forte.

— Attendez-moi ! lança-t-il au chauffeur.

Et, devant Maigret qui lui barrait la route de son épaisse silhouette, il hésita.

— Je suppose que vous admettrez…

— Tout. Vous avez raison. Nous devons y aller.

XII

La lettre inachevée

La voiture s’arrêta à un carrefour sans maison, et le chauffeur se tourna vers l’intérieur pour demander des ordres. Depuis qu’on avait quitté Ouistreham, M. Grandmaison n’était plus le même homme.

Là-bas, il était toujours resté maître de ses nerfs, soucieux de sa dignité, même dans les situations les plus piteuses.

C’était fini ! Quelque chose s’était déclenché en lui qui ressemblait à de la panique. Et c’était d’autant plus sensible, d’autant plus souligné que son visage était tout meurtri par les coups. Son regard inquiet allait sans cesse d’un point du paysage à un autre.

L’auto arrêtée, il interrogea Maigret des yeux, mais le commissaire se donna le malin plaisir de murmurer :

— Que faisons-nous ?

Pas une âme sur la route, ni dans les vergers d’alentour. Bien entendu, Mme Grandmaison n’avait pas abandonné sa voiture pour s’asseoir au bord du chemin. Si elle avait renvoyé le chauffeur, une fois à cet endroit, c’est qu’elle avait un rendez-vous ou qu’elle avait soudain aperçu quelqu’un à qui elle voulait parler sans témoin.

Le feuillage des arbres était mouillé. Une forte odeur d’humus se dégageait de la terre. Des vaches regardaient l’auto sans cesser de mâcher.

Et le maire cherchait, fouillait le paysage, s’attendant peut-être à apercevoir sa femme derrière une haie ou derrière le tronc d’un arbre.

— Regardez ! dit Maigret, comme on aide un novice.

Il y avait des traces caractéristiques sur la route de Dives. Une auto s’y était arrêtée, avait tourné assez difficilement à cause de l’étroitesse du chemin et était repartie.

— Une vieille camionnette… Allez-y, chauffeur !…

On n’alla pas loin. Bien avant Dives, les traces se perdaient près d’un chemin caillouteux. M. Grandmaison était toujours à l’affût, le regard à la fois anxieux et lourd de haine.

— Que vous semble-t-il ?

— Il y a un hameau, là-bas, à cinq cents mètres…

— Dans ce cas, il vaut mieux que nous laissions l’auto ici.

La fatigue donnait à Maigret un air d’inhumaine indifférence. Il dormait debout, littéralement. Il semblait n’avancer que grâce à la force acquise. Et, à les voir marcher le long du chemin, chacun aurait été persuadé que c’était le maire qui commandait, le commissaire qui suivait avec la placidité d’un sous-ordre.

On passa devant une petite maison entourée de poules, et une femme regarda les deux hommes avec étonnement. Puis ce fut, devant eux, le derrière d’une église guère plus grande qu’une chaumière et, à gauche, un bureau de tabac.

— Vous permettez ? dit Maigret en montrant sa blague vide.

Il entra tout seul dans le débit où on vendait de l’épicerie et toutes sortes d’ustensiles. Un vieux sortit d’une chambre voûtée, appela sa fille pour donner le tabac. Pendant qu’une porte restait ouverte, le commissaire eut le temps d’entrevoir un téléphone mural.

— À quelle heure mon ami est-il venu téléphoner ce matin ?

La fille n’hésita pas une seconde.

— Il y a une bonne heure.

— Dans ce cas, la dame est arrivée ?

— Oui ! même qu’elle s’est arrêtée ici pour demander le chemin… Ce n’est pas difficile… La dernière maison de la ruelle à droite…

Il sortit, toujours placide. Il retrouva M. Grandmaison qui, debout devant l’église, regardait autour de lui de telle manière qu’il devait fatalement éveiller la méfiance des habitants.

— Il me vient une idée, murmura Maigret. Nous allons partager la besogne… Vous chercherez à gauche, du côté des champs… Pendant ce temps, je chercherai à droite.

Il surprit une étincelle dans les yeux de son compagnon. Le maire était ravi, essayait de ne pas le laisser voir. Il espérait bien trouver sa femme, qu’il verrait ainsi en dehors de la présence du commissaire.

— C’est cela, répondit-il avec une fausse indifférence.

Le hameau ne groupait pas plus de vingt bicoques qui, à certain endroit, serrées les unes contre les autres, constituaient un semblant de rue, ce qui n’empêchait pas le fumier de s’y entasser. Il pleuvait toujours, une pluie fine, comme pulvérisée, et on ne voyait personne dehors. Mais des rideaux frémissaient. Derrière, on devinait surtout des visages ratatinés de vieilles dans l’ombre des maisons.

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