Simenon, Georges - Lécluse n°1

Тут можно читать онлайн Simenon, Georges - Lécluse n°1 - бесплатно полную версию книги (целиком) без сокращений. Жанр: Policier. Здесь Вы можете читать полную версию (весь текст) онлайн без регистрации и SMS на сайте лучшей интернет библиотеки ЛибКинг или прочесть краткое содержание (суть), предисловие и аннотацию. Так же сможете купить и скачать торрент в электронном формате fb2, найти и слушать аудиокнигу на русском языке или узнать сколько частей в серии и всего страниц в публикации. Читателям доступно смотреть обложку, картинки, описание и отзывы (комментарии) о произведении.
  • Название:
    Lécluse n°1
  • Автор:
  • Жанр:
  • Издательство:
    неизвестно
  • Год:
    неизвестен
  • ISBN:
    нет данных
  • Рейтинг:
    4.11/5. Голосов: 91
  • Избранное:
    Добавить в избранное
  • Отзывы:
  • Ваша оценка:
    • 80
    • 1
    • 2
    • 3
    • 4
    • 5

Simenon, Georges - Lécluse n°1 краткое содержание

Lécluse n°1 - описание и краткое содержание, автор Simenon, Georges, читайте бесплатно онлайн на сайте электронной библиотеки LibKing.Ru

Quand on observe des poissons à travers une couche d’eau qui interdit entre eux et nous tout contact, on les voit rester longtemps immobiles, sans raison, puis d’un frémissement de nageoires aller un peu plus loin pour n’y rien faire qu’attendre à nouveau.


C’est dans le même calme, comme sans raison aussi, que le tramway 13, le dernier « Bastille-Créteil », traîna ses lumières jaunâtres tout le long du quai des Carrières. Au coin d’une rue, près d’un bec de gaz vert, il fit mine de s’arrêter, mais le receveur agita sa sonnette et le convoi fonça vers Charenton. Derrière lui, le quai restait vide et stagnant comme un paysage du fond de l’eau. A droite, des péniches flottaient sur le canal, avec de la lune tout autour.


Un filet d’eau se faufilait par une vanne mal fermée de l’écluse, et c’était le seul bruit sous le ciel encore plus quiet et plus profond qu’un lac.


[http://www.amazon.fr/LEcluse-numéro-1-Georges-Simenon/dp/2253143154](http://www.amazon.fr/LEcluse-num%C3%A9ro-1-Georges-Simenon/dp/2253143154)

Lécluse n°1 - читать онлайн бесплатно полную версию (весь текст целиком)

Lécluse n°1 - читать книгу онлайн бесплатно, автор Simenon, Georges
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

— Un enfant, ils en espéraient un depuis huit ans. Louis était prêt à donner, pour l’avoir, tout ce qu’il avait économisé. Il va donc trouver le docteur, un petit brun à lunettes, que j’ai connu. Il lui explique qu’il a peur que l’accouchement ait lieu au diable, dans un village, et qu’il préfère rester à Châlons tant qu’il faudra.

Gassin se redressa, congestionné d’être resté tête basse.

— Huit jours passent. Le docteur vient tous les soirs. Enfin les douleurs commencent vers cinq heures de l’après-midi. Louis ne tient pas en place. On le voit sur le pont, sur le quai. Il se suspend à la sonnette du médecin. Il l’amène, presque de force. L’autre lui jure que tout va bien, très bien, que les choses se dérouleront sans accroc et qu’il suffira de le prévenir à la dernière minute.

Gassin récitait cela comme une litanie.

— Vous ne connaissez pas le coin ? Moi, je vois la maison comme si j’y étais, une grande villa neuve, avec de larges fenêtres qui, ce soir-là, étaient toutes éclairées, car le docteur donnait une fête. Il était beau, parfumé, les moustaches frisées. Deux fois il est venu, en coup de vent, l’haleine sentant le bourgogne, puis les liqueurs.

« — Parfait, parfait ! qu’il disait. À tout à l’heure…

« Il traversait le quai en courant. On entendait le phonographe. On voyait même sur les rideaux l’ombre des gens qui dansaient.

« La femme hurlait et Louis, affolé, pleurait sans pleurer. Ce qui se passait l’épouvantait. Une vieille commère, dont le bateau était amarré plus loin, jurait que l’enfant se présentait mal.

« À minuit, Louis va sonner chez le docteur, et on lui répond que celui-ci va venir.

« À minuit et demi, il sonne encore. Le corridor est plein de musique.

« Et la femme de Louis hurle au point que des passants s’arrêtent un moment sur le quai et s’en vont à pas plus rapides.

« Enfin, les invités partent. Le petit docteur arrive, pas tout à fait soûl, mais pas tout à fait sain. Il retire son veston, trousse ses manches.

« Il faudra peut-être les forceps…

« Ils sont à l’étroit. On se bouscule. Et voilà le docteur qui parle de broyer la tête de l’enfant !

« — Mais ce n’est pas possible ! lui crie Louis…

« — Vous voulez que je sauve la mère ?

« Il a sommeil, le docteur. Il n’en peut plus. Il bafouille. Une heure après, quand il se redresse, Louis voit que sa femme ne crie plus, ne bouge plus…

Gassin regarda Maigret dans les yeux et conclut :

— Louis l’a tué.

— Le médecin ?

— Froidement, comme ça, d’une balle dans la tête, puis il a tiré une autre balle dans le ventre, puis il a ouvert la bouche comme s’il voulait manger son revolver et un troisième coup est parti. On a vendu le bateau aux enchères trois mois après.

Pourquoi Gassin souriait-il ? Maigret l’aimait mieux ivre mort et méchant comme les autres jours.

— Qu’est-ce qu’on va me faire, maintenant ? questionna-t-il sans curiosité.

— Vous me promettez de ne pas faire de bêtises ?

— Qu’appelez-vous des bêtises ?

— Ducrau a toujours été votre ami, n’est-ce pas ?

— On est du même village. On a navigué ensemble.

— Il vous aime bien.

Maigret prononça mal cette dernière phrase.

— Peut-être.

— Dites-moi, Gassin, à qui en voulez-vous ? Je vous parle en homme.

— Et vous ?

— Je ne comprends pas.

— Je vous demande après qui vous en avez. Vous cherchez quelque chose. Eh bien ! qu’avez-vous trouvé ?

C’était inattendu. Là où Maigret n’avait vu qu’un ivrogne, il y avait un homme qui, tout en se soûlant dans son coin, avait fait, en somme, son enquête personnelle. Car c’était cela que Gassin voulait dire.

— Je n’ai encore rien trouvé de précis.

— Moi non plus.

Mais il était sur le point de le faire ! C’était le sens de son regard lourd et froid. Maigret avait eu raison de rendre les lacets et la cravate. L’affaire n’avait plus aucun rapport avec le commissariat miteux, ni même avec la police. Ils étaient deux hommes assis en face l’un de l’autre.

— Vous n’êtes pour rien dans l’attentat contre Ducrau, n’est-il pas vrai ?

— Pour rien du tout, répondit une voix ironique.

— Vous n’êtes pour rien non plus dans le suicide de Jean Ducrau.

Gassin se tut et hocha lentement la tête.

— Vous n’étiez ni le parent, ni l’ami de Bébert. Vous n’aviez aucune raison de le pendre.

Le marinier se leva en soupirant, et Maigret fut étonné de le voir si petit et si vieux.

— Dites-moi ce que vous savez, Gassin. Votre camarade de Châlons ne laissait rien derrière lui. Vous, vous avez une fille.

Il s’en repentit, car il reçut un regard si terriblement interrogateur qu’il sentit la nécessité de mentir et de bien mentir, coûte que coûte.

— Votre fille guérira.

— Peut-être bien que oui.

On eût dit que cela lui était égal. La question n’était pas là, parbleu ! Maigret le savait. On en était arrivé où il eût voulu ne pas en venir. Mais Gassin ne posait pas de question. Il se taisait et regardait, c’était tout et c’était angoissant.

— Vous avez vécu heureux jusqu’ici à votre bord…

— Savez-vous pourquoi je fais toujours la même route ? Parce que c’est celle que nous avons parcourue quand je me suis marié.

Sa chair était toute dure, sa peau striée de fines rides noires.

— Répondez-moi, Gassin. Savez-vous qui a attaqué Ducrau ?

— Pas encore.

— Savez-vous pourquoi son fils s’est accusé ?

— Peut-être.

— Savez-vous pourquoi l’éclusier a été pendu ?

— Non.

Il était sincère, c’était hors de doute.

— On va me mettre en prison ?

— Je ne peux pas vous maintenir en état d’arrestation pour port d’arme prohibé. Je vous demande seulement d’être calme, patient, d’attendre la fin de mon enquête.

Les petits yeux clairs étaient redevenus agressifs.

— Je ne suis pas le médecin de Châlons, ajouta Maigret.

Gassin souriait tandis que le commissaire se levait, fatigué par cet interrogatoire qui n’en était pas un.

— Je vais vous relâcher dès maintenant.

Il n’y avait rien d’autre à faire. Dehors, c’était toujours cet invraisemblable printemps sans une goutte de pluie, sans une averse, sans un nuage. Sur une petite place, la terre était dure et blanche autour des marronniers. Les arroseuses municipales aspergeaient toute la journée un bitume aussi mou qu’en plein été.

Sur la Seine, sur la Marne, sur le canal même, des petites embarcations peintes ou vernies, avec des rameurs aux bras nus, se faufilaient entre les péniches.

Partout il y avait des terrasses sur les trottoirs, et en passant devant les cafés on recevait des bouffées de bière fraîche. Bien des mariniers n’avaient pas encore rejoint leur bord. Ils allaient de bistrot en bistrot, le col amidonné, le visage de plus en plus rouge.

Une heure plus tard, Maigret apprenait, au café du quai, que Gassin n’était pas rentré chez lui non plus, mais qu’il avait pris une chambre chez Catherine, au-dessus du bal.

VIII

C’était un dimanche comme on n’en a que dans ses souvenirs d’enfant, tout pimpant, tout neuf depuis le ciel d’un bleu de pervenche jusqu’à l’eau qui reflétait les maisons en les étirant. Les taxis eux-mêmes étaient plus rouges ou plus verts que les autres jours, et les rues vides et sonores s’amusaient à se renvoyer les moindres sons.

Maigret fit arrêter sa voiture un peu avant l’écluse de Charenton, et Lucas, qu’il avait chargé de surveiller Gassin, sortit du bistrot et vint à sa rencontre.

— Il n’a pas bougé. Hier au soir, il a bu avec la femme du bal, mais il n’est pas sorti de la bicoque. Peut-être dort-il encore.

Comme les rues, le pont des péniches était désert. Seul un petit garçon, assis sur un gouvernail, mettait ses chaussettes du dimanche. Et Lucas poursuivait en désignant la Toison-d’Or :

— Hier, la folle était nerveuse. Quatre ou cinq fois elle a jailli de l’écoutille, et une fois elle a couru jusqu’au café du coin. Des mariniers l’ont remarquée et sont allés trouver le vieux, mais il n’a pas voulu rentrer. À la suite de l’enterrement, et de tout, cela a créé comme une gêne. Jusqu’à minuit, on voyait sans cesse des gens sur les bateaux, et tous regardaient par ici. Il faut vous dire aussi que le bal s’est remis à fonctionner. On entend la musique de l’écluse. Les mariniers étaient encore endimanchés. Bref, la folle a dû finir par s’endormir, mais ce matin il faisait à peine jour qu’elle errait dans les environs, pieds nus, inquiète comme une mère chatte. En passant, elle a réveillé les habitants de trois ou quatre péniches, si bien qu’il y a deux heures vous auriez pu voir des couples en chemise à toutes les écoutilles. Malgré tout, personne ne lui a dit où était le vieux. Je crois que ça valait mieux. Une femme l’a ramenée à bord de la Toison-d’Or, et maintenant elles y sont toutes les deux à fricoter leur petit déjeuner. Tenez, on voit de la fumée sortir du tuyau de poêle.

La fumée montait, toute droite, de la plupart des bateaux, où l’on s’habillait dans une chaude odeur de café.

— Continue à le surveiller, dit Maigret.

Au lieu de remonter aussitôt dans son taxi, il entra dans la salle de bal, dont la porte était ouverte. La femme éparpillait des gouttelettes d’eau sur le plancher avant de le balayer.

— Il est là-haut ? demanda le commissaire.

— Je crois qu’il vient de se lever, car j’entends des pas.

Maigret monta quelques marches et écouta. Quelqu’un allait et venait, en effet. Une porte s’ouvrit et Gassin montra son visage couvert de savon, haussa les épaules et rentra chez lui.

La maison de campagne de Ducrau, à Samois, séparée de la Seine par le chemin de halage, était une grande construction à trois ailes précédée d’une cour d’honneur. Quand le taxi s’arrêta, Ducrau attendait près de la grille, vêtu de bleu marine comme d’habitude, une casquette neuve sur la tête.

— Vous pouvez renvoyer la voiture, dit-il à Maigret. La mienne vous reconduira.

Et il attendit que le commissaire eût payé. Avec un soin inattendu, il ferma lui-même la grille, mit la clé dans sa poche et appela le chauffeur qui, au fond de la cour, lavait au jet une auto grise.

— Edgar ! Tu ne laisseras entrer personne, et si tu vois quelqu’un rôder autour de la maison, viens me prévenir.

Après quoi il regarda gravement Maigret et questionna :

— Où est-il ?

— Il s’habille.

— Et Aline ? Elle ne s’est pas affolée ?

— Elle l’a cherché. Maintenant, une voisine est avec elle à bord.

— Voulez-vous casser la croûte ? On ne déjeunera pas avant une heure.

— Merci.

— Un verre de quelque chose ?

— Pas maintenant.

Ducrau restait dans la cour, à regarder les bâtiments, et il désigna une fenêtre du bout de sa canne.

— La vieille n’est pas encore habillée. Quant au jeune ménage, vous l’entendez se chamailler.

En effet, des voix se répondaient assez vivement dans une chambre du premier étage dont les fenêtres étaient ouvertes.

— Le potager est derrière, ainsi que les anciennes écuries. La maison de gauche appartient à un grand éditeur, et celle de droite est habitée par des Anglais.

Des maisons de campagne et des villas, il y en avait tout alentour, entre la Seine et la forêt de Fontainebleau. Maigret distinguait le bruit mat des balles dans un tennis voisin. Les jardins se touchaient. Une vieille dame en blanc, au bord d’une pelouse, était étendue dans un rocking-chair.

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать


Simenon, Georges читать все книги автора по порядку

Simenon, Georges - все книги автора в одном месте читать по порядку полные версии на сайте онлайн библиотеки LibKing.




Lécluse n°1 отзывы


Отзывы читателей о книге Lécluse n°1, автор: Simenon, Georges. Читайте комментарии и мнения людей о произведении.


Понравилась книга? Поделитесь впечатлениями - оставьте Ваш отзыв или расскажите друзьям

Напишите свой комментарий
x