Simenon, Georges - Lécluse n°1

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    Lécluse n°1
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Simenon, Georges - Lécluse n°1 краткое содержание

Lécluse n°1 - описание и краткое содержание, автор Simenon, Georges, читайте бесплатно онлайн на сайте электронной библиотеки LibKing.Ru

Quand on observe des poissons à travers une couche d’eau qui interdit entre eux et nous tout contact, on les voit rester longtemps immobiles, sans raison, puis d’un frémissement de nageoires aller un peu plus loin pour n’y rien faire qu’attendre à nouveau.


C’est dans le même calme, comme sans raison aussi, que le tramway 13, le dernier « Bastille-Créteil », traîna ses lumières jaunâtres tout le long du quai des Carrières. Au coin d’une rue, près d’un bec de gaz vert, il fit mine de s’arrêter, mais le receveur agita sa sonnette et le convoi fonça vers Charenton. Derrière lui, le quai restait vide et stagnant comme un paysage du fond de l’eau. A droite, des péniches flottaient sur le canal, avec de la lune tout autour.


Un filet d’eau se faufilait par une vanne mal fermée de l’écluse, et c’était le seul bruit sous le ciel encore plus quiet et plus profond qu’un lac.


[http://www.amazon.fr/LEcluse-numéro-1-Georges-Simenon/dp/2253143154](http://www.amazon.fr/LEcluse-num%C3%A9ro-1-Georges-Simenon/dp/2253143154)

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— Vous ne voulez vraiment rien boire ?

Ducrau paraissait dérouté, comme s’il se fût demandé ce qu’il allait faire de son hôte. Il ne s’était pas rasé. Ses paupières étaient lasses.

— Voilà ! c’est ici que nous passons le dimanche.

Et le ton était le même que s’il eût soupiré : « Imaginez si la vie peut être lamentable ! »

Autour des deux hommes, tout était calme, avec des contrastes d’ombre et de lumière, des murs blancs, des rosiers grimpants, et du gravier rond par terre. La Seine coulait doucement, sillonnée de petits bateaux, et des gens passaient à cheval sur le chemin de halage.

Ducrau se dirigea vers le potager, tout en bourrant une pipe, désigna un paon qui pataugeait dans un carré de salades et grommela :

— Une idée de ma fille, qui est persuadée que ça fait riche. Elle voulait des cygnes aussi, mais il n’y a pas d’eau !

Il pensait si peu à ce qu’il disait qu’il articula soudain en regardant Maigret dans les yeux :

— Et vous, vous n’avez pas changé d’idée ?

Ce n’était pas une question qu’il posait en l’air. Elle était prête depuis longtemps, sans doute depuis la veille, et il n’avait qu’elle dans la tête. Il y attachait une telle importance qu’il en était tout assombri.

Maigret fumait et regardait la fumée monter dans l’air transparent.

— Je quitte la police mercredi.

— Je sais.

Ils se comprenaient très bien, sans vouloir en avoir l’air. Ducrau n’avait pas fermé la grille par hasard, et ce n’était pas davantage par hasard qu’il arpentait le potager désert.

— Ça ne vous suffit pas ? dit le commissaire si bas, avec un tel détachement, qu’on pouvait se demander s’il avait vraiment parlé.

Ducrau s’arrêta net et fixa longuement une cloche à melon. Quand il releva la tête, son expression avait changé. Tout à l’heure, il n’avait pas de masque. C’était un homme embêté, hésitant, inquiet.

Mais c’était fini. Les traits s’étaient durcis. Il y avait sur les lèvres un méchant sourire. Il ne regarda pas son compagnon, mais le décor autour de lui, le ciel, les fenêtres de la grande maison blanche.

— On va me voir, n’est-ce pas ?

Et son regard atteignait enfin Maigret en plein visage. C’était le regard d’un homme qui se force à l’optimisme et qui, peu sûr de lui, essaie de menacer.

— Parlons d’autre chose. Si on allait quand même boire un verre ? Savez-vous ce qui m’étonne ? C’est que votre enquête n’ait pas du tout porté sur Decharme, ni sur ma maîtresse, ni…

— Je croyais que vous vouliez parler d’autre chose ?

Mais Ducrau, bon enfant, de poursuivre en touchant l’épaule de Maigret :

— Un instant ! Jouons franc jeu et dites-moi d’abord qui vous soupçonnez d’être coupable.

— Coupable de quoi ?

Ils souriaient tous les deux. De loin, on eût pu croire qu’ils plaisantaient sur un sujet anodin.

— De tout.

— Et s’il y avait un coupable pour chaque chose ?

Ducrau fronça les sourcils : la réponse lui déplaisait. Il poussa une porte, celle de la cuisine où sa femme, en peignoir, donnait des instructions à une souillon. Elle s’affola d’être surprise non coiffée, balbutia des excuses, la main sur son chignon, pendant que son mari grognait :

— Ça va ! Le commissaire s’en fout ! Mélie, il faudrait aller nous chercher à la cave une bouteille de… de quoi ?… Champagne ? Non ? Alors, nous trouverons des apéritifs dans le salon.

Il referma la porte brutalement et, dans le salon, remua des bouteilles qui encombraient l’appui d’une fenêtre.

— Pernod ? Gentiane ? Vous avez vu ? Et sa fille est encore pire ! Si elle n’était pas en deuil, elle arriverait tout à l’heure avec une robe de soie rose ou verte, un sourire endimanché et des airs sucrés.

Il remplit deux verres, poussa un fauteuil vers le commissaire.

— Je suis tranquille que les voisins rigolent de nous, surtout quand, comme on le fera tantôt, nous mangerons sur la terrasse !

Son regard lent allait d’un objet à l’autre. Le salon était riche, et il y avait un énorme piano à queue.

— À votre santé ! Quand j’ai voulu acheter mon premier remorqueur, il me fallait des facilités de paiement, bien entendu. Il y avait douze traites que la banque acceptait à condition que j’apporte un aval. J’ai demandé celui de mon beau-père. Eh bien ! il a refusé, sous prétexte qu’il n’avait pas le droit de mettre sa famille sur la paille ! Maintenant, c’est moi qui entretiens la vieille.

On sentait que cette rancune-là était si profondément ancrée en lui qu’il avait mal rien que d’en parler. Il cherchait un autre sujet de conversation, et il attira une boîte de cigares.

— Vous en voulez un ? Si vous préférez votre pipe, ne vous gênez pas.

En même temps, il froissait le napperon brodé qui se trouvait sur la table.

— Voilà à quoi elles passent leur temps ! Quant à l’imbécile d’officier, il fait les concours d’échecs qu’on trouve à la dernière page des journaux !

Il pensait à autre chose, et Maigret, qui commençait à le connaître, souriait maintenant quand les yeux de Ducrau restaient étrangers à ses paroles.

Ses yeux ? Ils épiaient sans cesse le commissaire. Ils essayaient encore de le juger. Ils se demandaient à chaque instant si le premier jugement était juste, et ils se demandaient surtout quel pouvait être le point faible.

— Qu’avez-vous fait de votre maîtresse ?

— Je lui ai dit de débarrasser le plancher et je ne sais même pas où elle est allée. Par contre, elle a eu le bon goût de suivre l’enterrement, en grand deuil, avec sa figure enfarinée de putain sur le retour !

Il se rongeait. Tout le hérissait. Il en arrivait, eût-on dit, à haïr les objets eux-mêmes, comme ce napperon qu’il tripotait toujours.

— Au Maxim, elle était charmante, et gaie. Elle représentait quelque chose, quoi, quelque chose d’autre que ma femme et ses pareilles ! Je la mets dans ses meubles et la voilà qui engraisse, s’ingénie à faire son linge elle-même et à cuisiner comme une concierge.

Il y avait longtemps que Maigret avait compris ce drame burlesque qui empoisonnait l’existence de Ducrau. Il était parti de zéro. Il gagnait de l’argent à la pelle. Il traitait des affaires avec de gros bourgeois dont il entrevoyait l’existence. Or, les siens restaient à la traîne. Sa femme, à Samois, avait les mêmes gestes, les mêmes habitudes que quand elle faisait la lessive à l’arrière du remorqueur, et sa fille n’était qu’une caricature de petite bourgeoise.

Ducrau en souffrait comme d’une injure personnelle et il sentait parfaitement que ses voisins ne le prenaient pas au sérieux en dépit de la grosse maison blanche, du chauffeur et du jardinier.

Il les regardait avec envie sur leur pelouse ou sur leur terrasse. Il enrageait, et, par protestation, il crachait par terre, enfonçait ses mains dans ses poches et hurlait des gros mots.

Quand il entendit des pas dans l’escalier, il soupira en faisant un clin d’œil :

— Les autres, maintenant !

C’étaient sa fille et son gendre, en noir, en grande tenue, bien peignés, qui s’inclinaient avec la discrétion douloureuse des gens qu’un grand malheur vient de frapper.

— Enchanté, monsieur. Notre père nous a souvent parlé de vous et…

— Ça va ! Buvez plutôt quelque chose !

Sa hargne croissait en leur présence. Debout à la fenêtre, il regardait la grille qui se découpait sur la Seine.

— Vous nous excusez, monsieur le commissaire ?

Le gendre était blond, correct et résigné.

— Un doigt de porto ? demanda-t-il à sa femme.

— Qu’est-ce que vous avez pris, monsieur le commissaire ?

Et Ducrau, à la fenêtre, tambourinait d’impatience. Peut-être cherchait-il une méchanceté à dire ? En tout cas, il se retourna soudain et grogna :

— Le commissaire me demandait des renseignements sur vous. Et comme il sait que vous avez des dettes, il me faisait remarquer que ma mort aurait tout arrangé. Quant à celle de Jean, elle double vos espérances.

— Papa !… s’écria sa fille en portant à ses yeux un mouchoir bordé de noir.

— Papa !… l’imita-t-il. Eh bien ! quoi ? Est-ce moi qui ai des dettes ? Est-ce moi qui veux aller vivre dans le Midi ?

Le couple avait l’habitude, et Decharme était assez habile : il esquissait un sourire triste, à peine dessiné, comme s’il eût considéré ces discours comme une plaisanterie ou comme l’effet d’une mauvaise humeur passagère. Il avait de jolies mains, blanches et longues, qu’il caressait en jouant avec l’alliance de platine.

— Vous ai-je dit qu’ils attendent un enfant ?

Berthe Decharme se cachait le visage. C’était pénible. Ducrau le savait bien, mais il le faisait exprès. Le chauffeur traversa la cour, se dirigea vers le perron, et l’armateur ouvrit la fenêtre pour l’appeler.

— Qu’est-ce qu’il y a ?…

— Monsieur m’a dit…

— Oui ! Ensuite ?

Le chauffeur, désarçonné, désignait un bonhomme qui s’était assis dans l’herbe, au-delà de la grille, et qui tirait un morceau de pain de sa poche.

— Imbécile !

La fenêtre fut refermée. On voyait la servante, qui avait mis un tablier blanc, dresser la table sur la terrasse ombragée par un parasol rouge.

— Est-ce que tu sais seulement ce qu’il y a à dîner ?

Sa fille en profita pour sortir tandis que Decharme feignait de parcourir les partitions de piano.

— Vous jouez ? lui demanda Maigret.

Ce fut Ducrau qui répondit :

— Lui ? Jamais de la vie ! Il n’y a personne ici qui joue ! Le piano, c’est du chiqué, comme le reste !

Et bien qu’il fît plutôt frais dans la pièce, il avait le front en sueur.

Les voisins de gauche jouaient toujours au tennis, et un valet en livrée leur apportait des rafraîchissements à l’heure où les Ducrau déjeunaient sur leur terrasse. Le parasol ne tamisait pas assez le soleil, et la robe de soie noire de Berthe Ducrau avait des demi-cercles mouillés sous les bras. Quant à Ducrau, il était tellement tendu que cela fatiguait de le voir. Tout ce qu’il disait, tout ce qu’il faisait était pénible.

Lorsqu’on servit le poisson, il demanda à voir le plat, renifla, toucha du bout de l’index et gronda :

— Emportez !

— Mais, Émile…

— Emportez ! répéta-t-il.

Quand sa femme revint de la cuisine, elle avait les yeux rouges. Il disait, lui, pesamment, tourné vers Maigret :

— C’est mercredi que vous prenez votre retraite. Mercredi soir ou mercredi matin ?

— Mercredi à minuit.

Alors, attaquant son gendre :

— Tu sais combien je lui ai offert pour travailler avec moi ? Cent cinquante mille. S’il en veut deux cent, il les aura !

Il épiait toujours les allées et venues devant la grille. Il avait peur. Et Maigret, qui était seul à le savoir, était plus mal à l’aise que les autres, car le spectacle du bonhomme se débattant contre la panique était tragique, avec une pointe de ridicule et d’odieux.

Au café, Ducrau trouva autre chose.

— Voilà, dit-il en désignant le cercle qu’on formait autour de la table, ce qu’on appelle une famille. D’abord un homme qui a tout le poids sur les épaules, qui l’a toujours eu, qui l’aura jusqu’à ce qu’il en crève. Puis les autres qui s’accrochent à lui, inertes…

— Ça recommence ? questionna sa fille en se levant.

— Tu as raison. Va faire un petit tour. C’est peut-être ton dernier bon dimanche.

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