Simenon, Georges - Maigret

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    Maigret
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Simenon, Georges - Maigret краткое содержание

Maigret - описание и краткое содержание, автор Simenon, Georges, читайте бесплатно онлайн на сайте электронной библиотеки LibKing.Ru

Avant d'ouvrir les yeux, Maigret fronça les sourcils, comme s'il se fût méfié de cette voix qui venait lui crier tout au fond de son sommeil : Mon oncle !?


Les paupières toujours closes, il soupira, tâtonna le drap de lit et comprit qu'il ne rêvait pas, qu'il se passait quelque chose puisque sa main n'avait pas rencontré, là où il eût dû être, le corps chaud de Mme Maigret. Il ouvrit enfin les yeux. La nuit était claire. Mme Maigret, debout près de la fenêtre à petits carreaux, écartait le rideau cependant qu'en bas quelqu'un secouait la porte et que le bruit se répercutait dans toute la maison. Mon oncle ! C'est moi ?


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Cageot redressa la tête, et la praline resta en suspens sur la langue.

— Pas de faute jusqu’à présent. Commencez-vous à comprendre ? Mais vous vous apercevez qu’il y a un policier dans la boîte. Vous sortez. Vous ne résistez pas au désir de faire pincer le policier. À première vue, cela a l’air d’un trait de génie. Et pourtant c’est la faute, la deuxième.

Maigret tenait le bon bout. Il n’y avait plus qu’à continuer, sans rien brusquer. Cageot écoutait, réfléchissait, tandis que l’inquiétude commençait à grignoter son calme.

— Troisième meurtre : celui d’Audiat, lequel Audiat, lui aussi, va parler. La police le surveille. Le couteau et le revolver sont impossibles. Je parie qu’Audiat avait l’habitude de boire pendant la nuit. Cette fois, il boira d’autant plus qu’il est ivre, et il ne se réveillera pas parce que l’eau de la carafe a été empoisonnée. Troisième faute.

Maigret jouait le tout pour le tout, mais il était sûr de lui ! Les choses ne pouvaient s’être passées autrement.

— J’attends les trois fautes ! prononça enfin Cageot en tendant la main vers la boîte de pralines.

Et le commissaire imaginait l’hôtel de la rue Lepic, habité surtout par des musiciens, par des danseurs mondains, par des filles.

— Dans l’affaire Audiat, la faute c’est que quelqu’un a mis le poison dans la carafe !

Cageot ne comprenait pas, suçait une nouvelle praline, et il y avait dans l’air une légère odeur sucrée, un relent de vanille.

— Pour Barnabé, poursuivit Maigret en se versant à boire, vous emmenez au moins deux personnes : Pepito et celui qui conduisait la voiture, sans doute Eugène. Et c’est Pepito qui, par la suite, menace de trahir.

« Vous me suivez ? Conséquence : la nécessité de supprimer Pepito. Vous vous occupez seul du coup de revolver. Mais, raffinement, vous allez chercher ensuite Audiat, chargé de bousculer l’inspecteur. Qu’arrive-t-il automatiquement ? Eugène, Louis, le patron du tabac, un joueur de belote, qui s’appelle Colin, et Audiat sont dans le jeu.

« C’est Audiat qui flanche. Et voilà, vous êtes obligé d’en finir avec lui !

« Or, hier après-midi, vous n’avez pas été vous-même rue Lepic. Vous avez dû vous servir d’un locataire de l’hôtel à qui vous avez téléphoné.

« Encore un complice ! Un homme susceptible de parler !

« Y êtes-vous, cette fois ?

Cageot réfléchissait toujours. Le soleil atteignait le récepteur nickelé du téléphone. Il était tard. La foule devenait plus dense autour des petites charrettes, et la rumeur de la rue pénétrait dans l’appartement en dépit des fenêtres fermées.

— Que vous soyez fort, c’est entendu. Mais alors, pourquoi vous encombrer chaque fois de complices inutiles, qui sont susceptibles de vous trahir ? Vous pouviez sans peine, n’importe où, descendre Barnabé, qui ne se méfiait pas de vous. Vous n’aviez pas besoin d’Audiat dans l’affaire Pepito. Et hier, alors que vous n’étiez pas surveillé, vous pouviez aller vous-même rue Lepic. Dans ces hôtels-là, où il n’y a pas de portier, on entre et l’on sort comme dans un moulin.

Parfois on entendait des pas dans l’escalier, et Maigret devait faire un effort pour paraître calme et pour continuer son discours comme si de rien n’était.

— À l’heure qu’il est, cinq personnes au moins peuvent vous mettre dedans. Or jamais cinq personnes n’ont gardé longtemps un secret de ce genre.

— Je n’ai pas donné le coup de couteau à Barnabé, dit lentement Cageot, qui était plus terne que jamais.

Maigret saisit la balle au bond, affirma avec assurance :

— Je sais !

L’autre le regarda avec surprise, plissa les paupières.

— Un coup de couteau, c’est plutôt l’affaire d’un Italien comme Pepito.

Il ne fallait plus qu’un tout petit effort, mais à ce moment la femme de ménage ouvrit la porte, et Maigret crut que son édifice s’écroulait.

— Je vais faire le marché, annonça-t-elle. Qu’est-ce que je prends comme légumes ?

— Ce que vous voudrez.

— Vous avez de l’argent ?

Cageot en prit dans un porte-monnaie solide, usé, à fermoir de métal, qui était un vrai porte-monnaie d’avare. Il choisit deux pièces de dix francs. La bouteille à vin était vide, sur la table, et il la tendit à la servante.

— Tenez ! Vous pourrez la reporter. C’est vous qui avez le ticket.

Son esprit, pourtant, était ailleurs. Marthe sortit sans refermer la porte, mais elle referma celle du palier, et l’on entendit le murmure de l’eau qui bouillait sur le réchaud de la cuisine.

Maigret avait suivi du regard tous les gestes de son interlocuteur, et voilà qu’il en oubliait l’appareil téléphonique et les sténographes embusqués à l’autre bout du fil. Un déclic venait de se faire en lui, il n’aurait pu dire à quel moment au juste. Il avait beaucoup parlé, sans trop penser à ce qu’il disait, et son raisonnement improvisé l’avait amené à quelques millimètres de la vérité.

Il y avait aussi les bonbons du drageoir, le porte-monnaie, et même le mot légume.

Je parie que vous êtes au régime.

— Depuis vingt ans.

Cageot ne parlait plus de mettre son visiteur à la porte. On eût même dit qu’il avait besoin de lui. Voyant son verre vide, il articula :

— Marthe va rapporter du vin. Il n’y en a jamais qu’une bouteille à la maison.

— Je sais.

— Comment le savez-vous ?

Parce que c’était en harmonie avec le reste, parbleu ! Parce que maintenant Cageot cessait d’être pour Maigret un adversaire quelconque et devenait un homme. Cet homme, il le connaissait davantage à chaque seconde, il le sentait vivre, respirer, penser, craindre et espérer, il entendait le bruit agaçant de la praline contre les dents.

Le décor s’animait aussi, le bureau, les meubles, les tableaux douceâtres comme de la confiture.

— Savez-vous ce que je pense, Cageot ?

Cette phrase n’était pas une phrase en l’air, mais elle faisait suite à une longue suite de pensées.

— Je suis en train de me demander si vous avez réellement tué Pepito. À l’heure qu’il est, je suis presque sûr du contraire.

Le ton n’était plus le même que dans le précédent discours. Maigret se passionnait, penché en avant pour voir Cageot de plus près.

— Je vais vous dire tout de suite pourquoi je pense ainsi. Si vous aviez été capable de tuer Pepito vous-même, d’un coup de revolver, vous n’auriez eu besoin de personne pour supprimer Barnabé et Audiat. La vérité, c’est que vous avez peur.

Les lèvres de Cageot étaient sèches. Il tenta pourtant de sourire avec ironie.

— Osez me dire que vous avez déjà tué un poulet ou un lapin ! Osez me dire que vous êtes capable de regarder du sang qui coule !

Maigret ne doutait plus. Il avait compris. Il fonçait droit devant lui.

— Entendons-nous ! Vous avez peur de tuer de vos mains, mais cela ne vous fait rien de condamner quelqu’un ! Au contraire ! Vous avez peur de tuer, peur de mourir. Mais vous y mettez d’autant plus de rage à ordonner des meurtres. N’est-ce pas vrai, Cageot ?

La voix de Maigret était sans haine comme sans pitié. Il étudiait Cageot avec la passion qu’il apportait à l’étude de tout ce qui était humain. Et le Notaire l’était terriblement à ses yeux. Il n’y avait pas jusqu’au métier de clerc d’avoué qu’il avait fait dans sa jeunesse qui n’eût été providentiel.

Cageot était, avait toujours été, l’homme enfermé en lui-même. Tout seul, les yeux clos, il devait échafauder des combinaisons merveilleuses, des combinaisons de toutes sortes, aussi bien financières que criminelles ou érotiques.

On ne l’avait jamais vu avec des femmes ? Parbleu ! Les femmes n’étaient pas capables de réaliser ses imaginations exacerbées !

Cageot se repliait sur lui-même, dans sa tanière imprégnée de ses pensées, de ses rêves, de son odeur.

Et quand, par la fenêtre, il regardait la rue ensoleillée où la foule grouillait devant les étalages, où déferlaient les autobus gonflés de vies, c’était, non avec le désir de se mêler à la masse vivante du dehors, mais avec celui de baser sur elle de savantes combinaisons.

— Vous êtes un froussard, Cageot ! tonna la voix de Maigret. Un froussard comme tous ceux qui ne vivent que par leur cerveau. Vous vendez des femmes, de la cocaïne, Dieu sait quoi encore, car je vous crois capable de tout. Mais en même temps vous vous faites indicateur de police !

Les yeux gris de Cageot ne quittaient pas Maigret, qui ne pouvait plus s’arrêter.

— Vous avez fait tuer Barnabé par Pepito. Je vais vous dire, moi, par qui vous avez fait tuer Pepito. Il y a, dans votre bande, un beau garçon qui est jeune, qui a tout pour lui : les femmes, l’argent, le succès, la désinvolture et une absence totale de conscience.

« Osez affirmer que le soir du meurtre de Pepito vous n’étiez pas au Tabac Fontaine ! Il y avait là le patron, puis ce tenancier de maison close qui s’appelle Colin et qui est encore plus lâche que vous, puis Audiat, le Marseillais et enfin Eugène.

« C’est Eugène que vous avez envoyé au Floria. Puis, quand il est revenu, le travail fait, et qu’il vous a annoncé qu’il y avait quelqu’un dans la boîte, vous avez mis Audiat sur l’affaire.

— Et après ? prononça Cageot. À quoi tout cela vous sert-il ?

Il s’appuyait des deux mains aux bras du fauteuil comme s’il eût voulu se lever. Il tenait la tête un peu en avant, dans un mouvement de défi.

— À quoi cela me sert ? À vous prouver que je vous aurai, justement parce que vous êtes un lâche et que vous vous êtes entouré de trop de gens.

— Je vous jure, moi, que vous ne m’aurez jamais.

Il avait un sourire sans gaieté. Ses pupilles s’étaient rétrécies. Il ajouta lentement :

— La police n’a jamais eu un homme intelligent ! Vous parliez tout à l’heure d’empoisonnement. Puisque vous avez été de la « maison », vous pouvez sans doute me dire combien on découvre d’empoisonnements par an, à Paris ?

Maigret n’eut pas le temps de répondre.

— Pas un ! Vous entendez ? Or, vous n’êtes pas assez naïf pour croire que, sur quatre millions d’habitants, il n’y en ait pas quelques-uns qui succombent à une trop forte dose d’arsenic ou de strychnine ?

Il se leva enfin. Maigret attendait ce geste depuis longtemps. C’était la détente après un trop long effort, et la détente se traduisait fatalement par des paroles.

— Aujourd’hui même, j’aurais pu vous supprimer. J’y ai pensé. Il suffisait d’empoisonner votre vin. Remarquez que la bouteille n’est déjà plus dans la maison. Il me reste à laver le verre. Vous sortez d’ici et vous allez mourir n’importe où.

Maigret eut un doute, mais qui dura un dixième de seconde à peine.

— Vous avez raison. Je n’ai pas tué Barnabé. Je n’ai pas tué Pepito. Je n’ai même pas tué cet imbécile d’Audiat.

Cageot, sa bonbonnière à la main, parlait bas d’une façon suivie. À bien le regarder, il était ridicule, car sa robe de chambre était trop courte et ses cheveux non peignés lui faisaient une étrange auréole. Sans le téléphone, le commissaire eût ouvert la fenêtre pour échapper à cette atmosphère oppressante de vie renfermée.

— Ce que je vous dis n’a aucune importance, puisque vous n’êtes pas assermenté et qu’il n’y a pas de témoin.

Comme pris de doute, il regarda dans le corridor, ouvrit même un instant sa chambre à coucher.

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