Simenon, Georges - La guinguette à deux sous

Тут можно читать онлайн Simenon, Georges - La guinguette à deux sous - бесплатно полную версию книги (целиком) без сокращений. Жанр: Policier. Здесь Вы можете читать полную версию (весь текст) онлайн без регистрации и SMS на сайте лучшей интернет библиотеки ЛибКинг или прочесть краткое содержание (суть), предисловие и аннотацию. Так же сможете купить и скачать торрент в электронном формате fb2, найти и слушать аудиокнигу на русском языке или узнать сколько частей в серии и всего страниц в публикации. Читателям доступно смотреть обложку, картинки, описание и отзывы (комментарии) о произведении.
  • Название:
    La guinguette à deux sous
  • Автор:
  • Жанр:
  • Издательство:
    неизвестно
  • Год:
    неизвестен
  • ISBN:
    нет данных
  • Рейтинг:
    4.5/5. Голосов: 81
  • Избранное:
    Добавить в избранное
  • Отзывы:
  • Ваша оценка:
    • 100
    • 1
    • 2
    • 3
    • 4
    • 5

Simenon, Georges - La guinguette à deux sous краткое содержание

La guinguette à deux sous - описание и краткое содержание, автор Simenon, Georges, читайте бесплатно онлайн на сайте электронной библиотеки LibKing.Ru

Une fin d'après-midi radieuse. Un soleil presque sirupeux dans les rues paisibles de la Rive Gauche. Et partout, sur les visages, dans les mille bruits familiers de la rue, de la joie de vivre. Il y a des jours ainsi, où l'existence est moins quotidienne et où les passants, sur les trottoirs, les tramways et les autos semblent jouer leur rôle dans une féerie. C'était le 27 juin. Quand Maigret arriva à la poterne de la Santé, le factionnaire attendri regardait un petit chat blanc qui jouait avec le chien de la crémière. Il doit y avoir des jours aussi où les pavés sont plus sonores. Les pas de Maigret résonnèrent dans la cour immense. Au bout d'un couloir, il interrogea un gardien. - Il a appris ?... - Pas encore. Un tour de clef. Un verrou. Une cellule très haute, très propre, et un homme qui se levait tandis que son visage semblait chercher une expression. - Ça va, Lenoir ? questionna le commissaire.

[http://www.amazon.fr/Guinguette-%C3%A0-deux-sous/dp/2253143111](http://www.amazon.fr/Guinguette-%C3%A0-deux-sous/dp/2253143111)

La guinguette à deux sous - читать онлайн бесплатно полную версию (весь текст целиком)

La guinguette à deux sous - читать книгу онлайн бесплатно, автор Simenon, Georges
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

— … de vous avoir fait chanter !

— Je n’ai pas de preuves ! Ce n’est pas cela tout en étant cela ! Jamais il n’a dit carrément qu’il savait quelque chose ! Jamais il ne m’a menacé d’une façon catégorique ! Vous vous souvenez du bonhomme ? Un petit personnage en apparence très doux et inoffensif… Un garçon malingre, toujours tiré à quatre épingles, toujours poli, trop poli, avec un sourire un peu triste… Une première fois, il est venu me montrer une traite protestée et il m’a supplié de lui prêter de l’argent, en m’offrant des tas de garanties…

J’ai marché… J’aurais marché aussi sans l’histoire de Mado.

« Seulement, il en prit l’habitude. J’ai compris que c’était un plan systématique… J’ai essayé de refuser… Et c’est alors que le chantage a commencé…

« Il m’a pris comme confident… Il m’affirmait que sa seule consolation dans la vie était sa femme… C’est pour elle qu’il se mettait la corde au cou en engageant des dépenses supérieures à ses moyens, etc.

« Et s’il devait lui refuser quelque chose, il préférait se tuer… Et que deviendrait-elle en cas de catastrophe ?…

« Imaginez-vous cela ? Comme par un fait exprès, il arrivait la plupart du temps alors que je quittais Mado… Je craignais même de le voir reconnaître le parfum de sa femme encore accroché à mes vêtements…

« Un jour, il a retiré un cheveu de femme – de la sienne – resté sur le col de mon veston…

« Ce n’était pas le genre menaçant… C’était le genre gémissant…

« Et c’est pire ! On se défend contre des menaces. Mais que voulez-vous faire contre un homme qui pleure ? Car il lui est arrivé de pleurer dans mon bureau…

« Et quels discours !

« — Vous, vous êtes jeune, vous êtes fort, vous êtes beau, vous êtes riche… Avec tout cela, ce n’est pas difficile d’être aimé… Mais moi qui… étais malade de dégoût. Et pourtant il m’était impossible d’avoir la certitude qu’il savait…

« Le dimanche que vous savez, il m’avait déjà parlé, un peu avant le bridge, d’une somme de cinquante mille francs dont il avait besoin.

« Le morceau était trop gros… Je ne voulais pas marcher… J’en avais assez… Alors j’ai dit non, carrément ! Et je l’ai menacé de ne plus le voir s’il continuait à me harceler de la sorte…

« D’où le drame… Un drame aussi laid, aussi stupide que tout le reste… Vous vous souvenez ?… Il s’était arrangé pour traverser la Seine en même temps que moi… Il m’avait entraîné derrière la guinguette…

« Là, brusquement, il tira un petit revolver de sa poche et, le braquant sur lui-même, il articula :

« — Voilà à quoi vous me condamnez… Je ne vous demande qu’une grâce : occupez-vous de Mado !

Et Basso se passait la main sur le front pour chasser cet ignoble souvenir.

— On dirait une fatalité : ce jour-là, j’étais gai… Peut-être le soleil… Je me suis approché de lui pour lui prendre son arme.

« — Non ! Non ! a-t-il crié. Trop tard… Vous m’avez condamné…

— Bien entendu, il était bien décidé à ne pas tirer ! grommela Maigret.

— J’en suis persuadé ! Et c’est bien le tragique de l’affaire. Sur le moment, je me suis affolé. J’aurais dû le laisser faire et il n’y aurait pas eu de drame. Il s’en serait tiré avec de nouvelles larmes ou une pirouette… Mais non ! J’ai été naïf, comme je l’ai été avec Mado, comme je l’ai toujours été…

« J’ai voulu lui reprendre le revolver… Il a reculé… Je l’ai poursuivi… J’ai saisi son poignet… Et ce qui ne devait pas arriver est arrivé… Le coup est parti… Feinstein est tombé, sans un mot, sans un gémissement, tout d’une pièce…

« N’empêche que, quand je raconterai cela aux jurés, ils ne me croiront pas, ou bien ils n’en seront que plus sévères à mon égard…

« Je suis le monsieur qui a tué le mari de sa maîtresse et qui l’accuse par-dessus le marché !…

Il s’animait.

— J’ai voulu fuir. J’ai fui. Et j’ai voulu aussi tout dire à ma femme, lui demander si, malgré tout, elle se considérait encore comme liée à moi… J’ai rôdé dans Paris où j’ai tenté de rencontrer James…

« C’est un ami, sans doute le seul ami, parmi toute la bande de Morsang…

« Vous savez le reste… Ma femme aussi… J’aurais préféré passer à l’étranger et éviter le procès qui se prépare et qui sera pénible pour tout le monde… Les trois cent mille francs sont ici… Avec ça et mon énergie, je suis capable de me refaire une situation, en Italie, par exemple, ou en Egypte…

« Mais… est-ce que seulement vous me croyez ?…

Il se troublait soudain. Ce doute l’effleurait seulement, tant il avait été pris par son sujet.

— Je crois que vous avez tué Feinstein sans le vouloir ! répondit Maigret, lentement, en détachant toutes les syllabes.

— Vous voyez !…

— Attendez ! Ce que je voudrais savoir, c’est si Feinstein n’avait pas un atout plus fort dans son jeu que l’infidélité de sa femme. En bref…

Il s’interrompit, tira de sa poche le petit carnet d’adresses qu’il ouvrit à la lettre U.

— … en bref, dis-je, je voudrais savoir qui a tué, il y a six ans, un certain Ulrich, brocanteur, rue des Blancs-Manteaux, et qui a jeté ensuite le cadavre dans le canal Saint-Martin…

Il avait dû faire un effort pour aller jusqu’au bout, tant la transformation, chez son interlocuteur, était brutale. Brutale au point que Basso perdait presque l’équilibre, voulait s’appuyer à quelque chose, posait la main sur le poêle et la retirait en grondant :

— Nom de D… !

Ses prunelles écarquillées fixaient Maigret avec épouvante. Il recula, recula, rencontra sa chaise et s’y assit, comme sans forces, sans ressort, en répétant machinalement :

— Nom de D… !

La porte s’ouvrait sous une poussée fiévreuse. Et Mme Basso se précipitait dans la pièce en criant :

— Marcel !… Marcel !… Ce n’est pas vrai, n’est-ce pas ?… Dis que ce n’est pas vrai !…

Il la regardait à son tour sans comprendre, sans rien voir peut-être, et soudain, avec un râle, il se prenait la tête à deux mains et éclatait en sanglots.

— Papa !… Papa !… glapit le gamin qui accourait et mettait le comble au désordre.

Basso n’entendait rien, repoussait son fils, repoussait sa femme. Écrasé littéralement, il était incapable de retenir ses larmes. Il était tout courbé sur sa chaise, tout cassé. Ses épaules se soulevaient, retombaient à un rythme puissant.

Le gamin pleurait aussi. Mme Basso se mordait les lèvres, lançait à Maigret un regard de haine.

Et la vieille Mathilde, qui n’osait pas entrer mais qui avait assisté à la fin de la scène, grâce à la porte ouverte, pleurait aussi, dans la chambre à coucher, comme pleurent les vieilles, à petits sanglots réguliers, en s’essuyant les yeux du coin de son tablier à carreaux.

Elle finit pourtant, en trottinant, en pleurant, en reniflant, par venir remettre sa soupe sur le feu qu’elle aviva à coups de tisonnier.

X

L’absence du commissaire Maigret

Ces scènes-là ne durent pas, sans doute parce que la résistance nerveuse a des limites. Le paroxysme atteint, c’est soudain le calme plat, sans transition, un calme qui confine à l’abrutissement, comme la fièvre précédente confinait à la folie.

On dirait alors qu’on a honte de sa frénésie, de ses larmes, des mots qu’on a prononcés, comme si l’homme n’était pas fait pour les gestes pathétiques.

Maigret attendait, mal à l’aise, en regardant par la petite fenêtre le crépuscule bleuté où se dessinait le képi d’un gendarme. Il sentait pourtant ce qui se passait derrière lui, devinait Mme Basso qui s’approchait de son mari, le saisissait par les épaules, prononçait d’une voix hachée :

— Dis donc que ce n’est pas vrai !…

Et Basso reniflait, se levait, repoussait sa femme, regardait autour de lui avec de gros yeux troubles d’homme ivre. Le poêle était ouvert. La vieille y jetait du charbon. Cela faisait un grand cercle de lumière rouge au plafond, dont les poutres saillaient.

Le gamin regardait son père et, comme lui, cessait de pleurer, par une sorte de mimétisme.

— C’est fini… excusez-moi… murmura Basso, debout au milieu de la pièce.

On le sentait endolori. Sa voix était lasse. Il ne restait plus en lui la moindre énergie.

— Vous avouez ?

— Je n’avoue pas… Écoutez…

Il regarda les siens avec une moue douloureuse, un long froncement des sourcils.

— Je n’ai pas tué Ulrich… Si j’ai eu cette… cette faiblesse, c’est que je me rends compte que… que je…

Il était si vide qu’il ne trouvait pas ses mots.

— Que vous ne pourrez pas vous disculper ?

Il approuva de la tête. Il ajouta :

— Je ne l’ai pas tué…

— Vous disiez la même chose, tout de suite après la mort de Feinstein… Et pourtant vous venez d’avouer…

— Ce n’est pas la même chose…

— Vous connaissiez Ulrich.

Un sourire amer.

— Regardez la date qui se trouve à la première page de ce calepin… Il y a douze ans… Il y en a peut-être dix que j’ai vu le père Ulrich pour la dernière fois…

Il reprenait peu à peu son sang-froid, mais sa voix trahissait un même désespoir.

— Mon père vivait encore… Parlez du père Basso à ceux qui l’ont connu… C’était un homme austère, dur aux autres et à lui-même… Il me laissait moins d’argent pour mes menus frais que les plus pauvres de mes camarades… Alors, on m’a conduit rue des Blancs-Manteaux, chez le père Ulrich, qui avait l’habitude de ces sortes d’opérations…

— Et vous ne savez pas qu’il est mort ?

Basso se tut. Maigret martela sans reprendre haleine :

— Vous ne savez pas qu’il a été tué, transporté en auto vers les quais du canal Saint-Martin et jeté dans l’écluse ?

L’autre ne répondit pas. Ses épaules se tassaient davantage. Il regarda sa femme, son fils, la vieille qui, parce que c’était l’heure, mettait la table sans cesser de pleurnicher.

— Qu’est-ce que vous allez faire ?

— Je vous arrête… Mme Basso et votre fils peuvent rester ici, ou rentrer chez vous…

Maigret entrouvrit la porte, dit au gendarme :

— Vous m’amènerez une voiture…

Il y avait des groupes de curieux, sur la route, mais ils se tenaient à distance, en paysans prudents qu’ils étaient. Quand Maigret se retourna, Mme Basso était dans les bras de son mari. Et celui-ci lui tapotait le dos machinalement, en regardant dans le vide.

— Jure-moi de bien te soigner, disait-elle dans un souffle, et surtout, surtout de… de ne pas… faire de bêtise !

— Oui…

— Jure-le !

— Oui…

— C’est pour ton fils, Marcel !

— Oui… répéta-t-il avec un rien d’énervement, tout en se dégageant.

Est-ce qu’il ne craignait pas de se laisser reprendre par l’émotion ? Il attendait avec impatience l’auto qu’il avait entendu commander. Il ne voulait plus parler, ni écouter, ni regarder. Ses doigts étaient agités d’un tremblement fébrile.

— Tu n’as pas tué cet homme, n’est-ce pas ?… Écoute-moi, Marcel… Il faut que tu m’écoutes… Pour… pour l’autre, on n’osera pas te condamner… Tu ne l’as pas fait exprès… Et l’on prouvera que cet homme était un vilain individu… Je vais tout de suite m’adresser à un bon avocat, au meilleur…

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать


Simenon, Georges читать все книги автора по порядку

Simenon, Georges - все книги автора в одном месте читать по порядку полные версии на сайте онлайн библиотеки LibKing.




La guinguette à deux sous отзывы


Отзывы читателей о книге La guinguette à deux sous, автор: Simenon, Georges. Читайте комментарии и мнения людей о произведении.


Понравилась книга? Поделитесь впечатлениями - оставьте Ваш отзыв или расскажите друзьям

Напишите свой комментарий
x