Simenon, Georges - Lécluse n°1

Тут можно читать онлайн Simenon, Georges - Lécluse n°1 - бесплатно полную версию книги (целиком) без сокращений. Жанр: Policier. Здесь Вы можете читать полную версию (весь текст) онлайн без регистрации и SMS на сайте лучшей интернет библиотеки ЛибКинг или прочесть краткое содержание (суть), предисловие и аннотацию. Так же сможете купить и скачать торрент в электронном формате fb2, найти и слушать аудиокнигу на русском языке или узнать сколько частей в серии и всего страниц в публикации. Читателям доступно смотреть обложку, картинки, описание и отзывы (комментарии) о произведении.
  • Название:
    Lécluse n°1
  • Автор:
  • Жанр:
  • Издательство:
    неизвестно
  • Год:
    неизвестен
  • ISBN:
    нет данных
  • Рейтинг:
    4.11/5. Голосов: 91
  • Избранное:
    Добавить в избранное
  • Отзывы:
  • Ваша оценка:
    • 80
    • 1
    • 2
    • 3
    • 4
    • 5

Simenon, Georges - Lécluse n°1 краткое содержание

Lécluse n°1 - описание и краткое содержание, автор Simenon, Georges, читайте бесплатно онлайн на сайте электронной библиотеки LibKing.Ru

Quand on observe des poissons à travers une couche d’eau qui interdit entre eux et nous tout contact, on les voit rester longtemps immobiles, sans raison, puis d’un frémissement de nageoires aller un peu plus loin pour n’y rien faire qu’attendre à nouveau.


C’est dans le même calme, comme sans raison aussi, que le tramway 13, le dernier « Bastille-Créteil », traîna ses lumières jaunâtres tout le long du quai des Carrières. Au coin d’une rue, près d’un bec de gaz vert, il fit mine de s’arrêter, mais le receveur agita sa sonnette et le convoi fonça vers Charenton. Derrière lui, le quai restait vide et stagnant comme un paysage du fond de l’eau. A droite, des péniches flottaient sur le canal, avec de la lune tout autour.


Un filet d’eau se faufilait par une vanne mal fermée de l’écluse, et c’était le seul bruit sous le ciel encore plus quiet et plus profond qu’un lac.


[http://www.amazon.fr/LEcluse-numéro-1-Georges-Simenon/dp/2253143154](http://www.amazon.fr/LEcluse-num%C3%A9ro-1-Georges-Simenon/dp/2253143154)

Lécluse n°1 - читать онлайн бесплатно полную версию (весь текст целиком)

Lécluse n°1 - читать книгу онлайн бесплатно, автор Simenon, Georges
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

— C’est à cause de cela que tout est arrivé…

Il marcha vers la fenêtre, qu’il ouvrit, et l’haleine humide du fleuve pénétra dans la pièce.

— Gassin ! Hé ! Gassin !…

Quelque chose bougea, près du bec de gaz, mais on n’entendit aucun pas sur le gravier de la cour.

— Je me demande ce qu’il attend. Au fond, il est le seul à m’avoir aimé !

En disant cela, il fixait Maigret comme pour lui dire : « Car vous, vous n’avez pas voulu ! »

Il n’y avait que du vin rouge sur la table, et il s’en versa deux pleins verres coup sur coup.

— Écoutez bien ceci : peu importe que je donne des détails, car demain, si je veux, je nierai tout. Un soir, je suis arrivé sur la péniche de Gassin…

— Pour rejoindre ta maîtresse, intervint sa fille.

Et lui, en haussant les épaules, de laisser tomber, avec un accent indéfinissable :

— Pauvre imbécile !… Je disais, Maigret, qu’un soir, j’arrive, écœuré, parce que ces deux crapules que vous voyez ici avaient essayé une fois de plus de m’entôler. Je m’étonnais un peu de ne pas voir en entier la lumière du hublot. Je m’approche, et qu’est-ce que je trouve : un saligaud quelconque qui, à plat ventre sur le pont, regardait ma fille se déshabiller…

En disant ma fille, il les défiait tous du regard, mais ils étaient l’un et l’autre sans résonance.

— Je me suis baissé, tranquillement. Je l’ai saisi par un poignet et j’ai serré, j’ai tourné, je l’ai forcé à se tordre comme une anguille au point que son corps était déjà à moitié de l’autre côté du bord…

Il s’était campé une fois encore devant la fenêtre et il parlait à la nuit humide, si bien qu’il fallait faire un effort pour l’entendre.

— Jusqu’alors, j’avais toujours eu les plus costauds. Eh bien ! ça a raté ! J’ai molli ! L’animal a cessé de se tortiller ! Il a pris quelque chose dans sa poche et soudain j’ai senti un choc dans le dos. Le temps de reprendre son équilibre et, d’un coup d’épaule, il me faisait basculer dans l’eau…

Le plus impressionnant, c’était peut-être l’immobilité de sa femme. Il faisait froid. Par la fenêtre ouverte, ce n’était pas seulement de la fraîcheur qui pénétrait mais des ombres, des frissons, de la fièvre, des menaces.

— Gassin ! Hé ! vieux !

Maigret se retourna et vit Gassin appuyé à la grille, qui n’était pas fermée à clé.

— Quel type ! grommela Ducrau en revenant vers la table et en se versant du vin. Il a eu cent fois le temps de tirer. Il peut même s’approcher autant qu’il veut…

Des gouttes de sueur révélaient que, pendant les minutes précédentes, il n’avait pas cessé d’avoir peur ! Peut-être même n’était-ce que par peur qu’il avait ouvert la fenêtre et qu’il s’était tenu devant ?

— Mélie !… Mélie ! nom de Dieu !…

Elle se montra enfin. Elle avait retiré son tablier et elle avait un chapeau sur la tête.

— Que te prend-il ?

— Je m’en vais.

— Avant de t’en aller, va me chercher le vieux qui est à la grille. Compris ? Dis-lui que je veux absolument lui parler.

La servante ne bougea pas.

— File !

— Non, monsieur.

— Tu refuses de faire ce que je te dis ?

— Je n’irai pas, monsieur.

Elle en était livide, cette fille maigre, sans poitrine, sans féminité, sans charme, qui affrontait enfin Ducrau.

— Tu refuses ?

Il marchait sur elle la main levée.

— Tu refuses ?

— Oui !… oui !… oui !…

Il ne frappa pas. Dégonflé, il passa devant elle comme sans la voir, ouvrit la porte, et on l’entendit qui traversait la cour. Sa fille n’avait pas bougé. Son gendre se penchait pour voir. Mais sa femme s’était levée, lentement, et elle s’avançait sans bruit vers la fenêtre. Quant à Maigret, il eut l’air de profiter de l’inattention pour se verser à boire, et il n’alla à la fenêtre que quand la grille grinça.

Les deux hommes s’étaient rejoints. On les voyait, si disproportionnés de corpulence, à un mètre l’un de l’autre. On n’entendait pas ce qu’ils disaient. Une voix plaintive, fluette comme une voix d’enfant, fit tout près de Maigret :

— Je vous en supplie !

C’était Mme Ducrau qui regardait la grille et qui adressait à Maigret cette prière vague et haletante. Ils ne se battaient pas. Ils parlaient. Ils entraient dans la cour. Ducrau avait la main sur l’épaule de son compagnon et semblait le pousser en avant. Avant qu’ils eussent atteint la maison, Decharme eut le temps de demander à Maigret :

— Qu’avez-vous décidé ?

Et le commissaire faillit bien lui répondre comme un Ducrau : « Merde ! »

Le vieux faisait de petits yeux, à cause de la lumière. Ses épaules mouillées luisaient, et il tenait sa casquette à la main, peut-être à son insu, parce qu’il entrait dans une salle à manger.

— Assieds-toi !

Il s’assit sur le bord d’une chaise et garda sa casquette sur ses genoux, évita de regarder autour de lui.

— Un coup de rouge avec moi ? Tais-toi ! Tu sais bien ce que je t’ai dit : on te laissera faire ensuite tout ce que tu voudras. Pas vrai, commissaire ? Car je tiens toujours parole, moi !

Il toucha de son verre le verre de Gassin et but le vin d’un trait, avec une grimace.

— C’est dommage que tu aies manqué le début.

Il ne parlait plus qu’au marinier, avec même des regards en coin à Maigret.

— Est-ce vrai qu’auparavant je mettais n’importe qui par terre avec un seul poing ? Dis-le, toi !

— C’est vrai.

Et c’était hallucinant d’entendre ainsi la voix du vieux, d’une douceur, d’une docilité surprenantes.

— Tu te souviens, quand, à Châlons, on s’est battus avec les Belges ? L’autre jour, c’est le type qui m’a eu, en traître, il est vrai, grâce à son couteau. Tu n’es pas au courant, mais ça ne fait rien. J’étais venu comme ça, sur ton bateau, et je l’ai trouvé à plat ventre, qui regardait par le hublot la môme se déshabiller…

Il aimait le répéter car cela ranimait sa rage.

— Tu as compris, maintenant ?

Et Gassin haussa les épaules pour dire qu’il avait compris depuis longtemps.

— Écoute-moi, vieux. Non, bois d’abord un coup. Vous aussi, commissaire. Quant aux autres, ça n’a pas d’importance, du moment qu’ils sont là…

Mme Ducrau, qui ne s’était pas rassise, restait collée au mur, à demi cachée par le rideau. Decharme, lui, se tenait accoudé à la cheminée tandis que sa femme, seule, demeurait à table. On entendait quelqu’un aller et venir dans la maison. Cela impatienta Ducrau, qui ouvrit la porte, et on aperçut la servante qui faisait sa valise dans le corridor.

— Non, ma vieille ! Filez si cela vous plaît ! Filez ou crevez, faites n’importe quoi, mais, de grâce, foutez-nous la paix !

— Je voulais dire à Monsieur…

— Il n’y a pas de Monsieur. Tu veux du fric ? En voilà, je ne sais pas combien. Au revoir ! Et qu’un tramway t’écrabouille…

Il en souriait lui-même. Cela lui faisait du bien. Il attendit que la fille eût disparu en cognant sa valise à la porte pour refermer celle-ci lui-même, mettre le verrou et rejoindre ses compagnons. Entre-temps, Gassin n’avait pas bougé.

— En voilà toujours une de partie ! Qu’est-ce que nous disions ? Ah ! on parlait de la petite. Si tu avais été là, est-ce que tu n’aurais pas fait comme moi ?

Il y avait de l’eau dans les yeux du vieux, et sa pipe était éteinte. Maigret le regardait intensément, et à cet instant même il pensait : « Si, dans une ou deux minutes, je n’ai pas trouvé, il arrivera des choses épouvantables dont je serai responsable ! »

Car tout ce qui se passait en apparence n’existait pas. Il y avait autre chose, un autre drame en dessous. L’un parlait pour parler et l’autre n’écoutait pas. C’était celui-ci que Maigret observait, et il n’y avait même pas de regard à surprendre.

Était-il possible que Gassin fût inerte à un pareil moment ? Il n’était même pas ivre ! Ducrau le savait si bien qu’il suait d’abondance.

— Pour ce coup-là, je ne l’aurais pas étranglé. Mais il y a mon fils qui en somme est mort à cause de lui, et alors…

Il s’était campé devant Berthe.

— Qu’est-ce que tu as à me regarder comme ça ? Tu penses toujours à la galette que tu n’auras pas ? Tu entends, Gassin ? Je leur fais la blague, en mourant, de ne pas leur laisser un sou !

Maigret, soudain, s’était mis en marche, lentement, sans but apparent, arpentant la pièce en tous sens.

— … Car je vais te dire une bonne chose : ta femme, la mienne, tout ça, ça ne compte pas ! Ce qui compte, par exemple, c’était nous deux quand…

Gassin tenait son verre de la main gauche. Sa main droite n’avait pas quitté la poche de son veston. Il n’avait pas d’arme, c’était certain, car Lucas n’était pas homme à se tromper.

D’un côté du vieux, à deux mètres, il y avait Mme Ducrau, et de l’autre côté il y avait Berthe.

Ducrau avait interrompu sa phrase en voyant Maigret immobile derrière le marinier. La suite fut si rapide que personne ne comprit. Le commissaire se pencha en avant, encerclant les bras et la poitrine du vieux Gassin de ses bras puissants. La lutte fut courte. Un pauvre bonhomme qui essayait en vain de se dégager ! Tandis que Berthe criait d’effroi, que son mari faisait deux pas en avant, la main de Maigret fouillait la poche de l’adversaire et en retirait quelque chose.

C’était fini ! Gassin, libre de ses mouvements, reprenait son souffle. Ducrau attendait de voir s’ouvrir la main de Maigret, et le commissaire, le front couvert de sueur froide, restait un moment à se remettre.

— Vous ne courez aucun danger, dit-il enfin.

Il était derrière Gassin, qui ne le voyait pas. Quand Ducrau s’approcha de lui, Maigret se contenta d’entrouvrir sa main droite, qui contenait une cartouche de dynamite semblable à celles dont on se sert dans les carrières.

— Continuez !… disait-il en même temps.

Alors Ducrau, les mains aux entournures du gilet, la voix forte, mais rauque :

— Je disais, mon vieux…

Il sourit. Il rit. Il dut s’asseoir.

— C’est idiot !…

C’était idiot, en effet, pour un homme comme lui, de sentir ainsi, après coup, ses jambes se dérober. Il est vrai que Maigret, accoudé à la cheminée près de Decharme, attendait que se dissipât un désagréable vertige.

XI

Le bruissement de la pluie, au-delà de la fenêtre ouverte, faisait penser au calme arrosage d’un potager, et c’étaient des bouffées de terreau mouillé qui pénétraient dans la salle à manger avec chaque souffle d’air.

De loin, pour le brigadier Lucas, par exemple, le spectacle devait être affolant de ces êtres figés dans la lumière de la salle à manger comme dans le cadre d’un tableau de maître.

Ducrau fut le premier à se redresser en soupirant :

— Et voilà, mes enfants !

Cela ne voulait rien dire, mais c’était déjà une détente. Il remuait. Il rompait avec la stagnation générale. Il regardait autour de lui avec l’étonnement de quelqu’un qui s’attendait à trouver quelque chose de changé.

Or, rien n’était changé. Chacun était à sa place, immobile et buté. Au point que les pas de Ducrau, qui marcha jusqu’à la porte, apparurent comme un vacarme !

— Cette idiote de Mélie est partie… grommela-t-il en revenant.

Et, tourné vers sa femme :

— Jeanne, tu devrais aller préparer du café.

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать


Simenon, Georges читать все книги автора по порядку

Simenon, Georges - все книги автора в одном месте читать по порядку полные версии на сайте онлайн библиотеки LibKing.




Lécluse n°1 отзывы


Отзывы читателей о книге Lécluse n°1, автор: Simenon, Georges. Читайте комментарии и мнения людей о произведении.


Понравилась книга? Поделитесь впечатлениями - оставьте Ваш отзыв или расскажите друзьям

Напишите свой комментарий
x