Simenon, Georges - Lombre chinoise

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    Lombre chinoise
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Simenon, Georges - Lombre chinoise краткое содержание

Lombre chinoise - описание и краткое содержание, автор Simenon, Georges, читайте бесплатно онлайн на сайте электронной библиотеки LibKing.Ru

Il était dix heures du soir. Les grilles du square étaient fermées, la place des Vosges, avec les pistes luisantes des voitures tracées sur l'asphalte et le chant continu des fontaines, les arbres sans feuilles et la découpe monotone sur le ciel des toits tous pareils. Sous les arcades, qui font une ceinture prodigieuse à la place, peu de lumière. A peine trois ou quatre boutiques. Le commissaire Maigret vit une famille qui mangeait dans l'une d'elles, encombrée de couronnes mortuaires en perles. Il essayait de lire les numéros au-dessus des portes, mais à peine avait-il dépassé la boutique aux couronnes qu'une petite personne sortit de l'ombre. - C'est à vous que je viens de téléphoner ? Il devait y avoir longtemps qu'elle guettait. Malgré le froid de novembre, elle n'avait pas passé de manteau sur son tablier. Son nez était rouge, ses yeux inquiets.


[http://www.amazon.fr/Maigret-LOmbre-chinoise-Georges-Simenon/dp/2253142514](http://www.amazon.fr/Maigret-LOmbre-chinoise-Georges-Simenon/dp/2253142514)


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Il approuva du menton, posa sa pipe sur la table.

« Ce n’est pas parce que nous sommes divorcés et que Roger m’a rendue malheureuse que je dois… »

Elle reprenait de l’assurance. Elle se rapprochait insensiblement du discours préparé.

« Surtout dans une grande maison comme celle-là, où il y a vingt-huit ménages ! Et quels ménages ! Je ne parle pas des gens du premier ! Et encore ! Si M. de Saint-Marc est bien élevé, sa femme, elle, ne saluerait pas les gens pour tout l’or du monde… Quand on a reçu une éducation soignée, il est pénible de…

— Vous êtes née à Paris ?

— Mon père était confiseur à Meaux…

— À quel âge avez-vous épousé Couchet ?

— J’avais vingt ans… Notez que mes parents ne me laissaient pas servir au magasin… À cette époque, Couchet voyageait… Il affirmait qu’il gagnait largement sa vie, qu’il était capable de rendre une femme heureuse… »

Le regard durcissait, s’assurait qu’il n’y avait pas menace d’ironie chez Maigret.

« J’aime mieux ne pas dire combien j’ai souffert avec lui !… Tout l’argent qu’il gagnait, il le perdait dans des spéculations ridicules… Il prétendait devenir riche… Il changeait de place trois fois par an, au point que, quand mon fils est né, nous n’avions pas un centime d’économie et que c’est ma mère qui a dû payer la layette… »

Elle avait enfin posé son parapluie contre le bureau. Maigret pensait qu’elle devait parler avec la même véhémence sèche, la veille au soir, quand il l’avait aperçue en ombre chinoise sur le rideau.

« Quand on n’est pas capable de nourrir une femme, on ne doit pas se marier ! Voilà ce que je dis ! Et surtout quand on n’a pas plus de fierté ! Car c’est à peine si j’oserais vous énumérer tous les métiers que Couchet a faits… Je lui disais de chercher une place sérieuse, avec une pension à la clef… Dans l’administration par exemple !… Du moins, s’il lui arrivait quelque chose, je ne restais pas sans rien… Mais non ! Il a été jusqu’à suivre le Tour de France cycliste en qualité de je ne sais quoi… C’est lui qui partait en avant, s’occuper du ravitaillement ou quelque chose dans ce goût-là ! Et il revenait sans un sou !… Voilà l’homme ! Et voilà la vie que j’avais…

— Où habitiez-vous ?

— À Nanterre ! Car on ne pouvait même pas se payer un logement en ville… Vous avez connu Couchet ?… Il ne s’en faisait pas, lui ! Il n’avait pas honte ! Il n’était pas inquiet !… Il prétendait qu’il était né pour gagner beaucoup d’argent et qu’il en gagnerait… Après les vélos, c’était les chaînes de montre… Non ! vous ne devinerez pas !… Des chaînes de montre qu’il vendait dans une loge foraine, monsieur ! Et mes sœurs n’osaient plus aller à la foire de Neuilly par crainte de le rencontrer dans cette situation…

— C’est vous qui avez demandé le divorce ? »

Elle baissa pudiquement la tête, mais ses traits restaient nerveux.

« M. Martin habitait le même immeuble que nous… Il était plus jeune que maintenant… Il avait une belle place dans l’administration… Couchet me laissait presque toujours seule pour courir l’aventure… Oh ! il n’y a rien eu que de très correct !… J’ai dit son fait à mon mari… Le divorce a été demandé de commun accord pour incompatibilité d’humeur… Couchet devait seulement me verser une pension pour le gamin…

« Et nous avons attendu un an, Martin et moi, avant de nous marier… »

Maintenant, elle s’agitait sur sa chaise. Ses doigts tiraillaient la poignée d’argent du réticule.

« Voyez-vous, je n’ai jamais eu de chance. Au début, Couchet ne versait même pas régulièrement la pension ! Et, pour une femme délicate, il est pénible de voir le second mari payer les frais d’entretien d’un enfant qui n’est pas de lui… »

Non ! Maigret ne dormait pas, malgré ses yeux mi-clos, la pipe éteinte qu’il avait remise entre ses dents.

Cela devenait pénible. Les yeux de la femme se mouillaient. Ses lèvres commençaient à frémir d’une façon inquiétante.

« Il n’y a que moi à savoir que j’ai souffert… J’ai fait étudier Roger… J’ai voulu lui donner une bonne instruction… Il ne ressemblait pas à son père… Il était affectueux, sensible… Quand il a eu dix-sept ans, Martin lui a trouvé une place dans une banque, pour apprendre le métier… Mais c’est alors qu’il a rencontré Couchet, je ne sais où…

— Et il s’est habitué à demander de l’argent à son père ?

— Remarquez qu’à moi Couchet avait toujours tout refusé ! Pour moi, tout était trop cher ! Je taillais mes robes moi-même et je gardais trois ans le même chapeau.

— Et il donnait à Roger tout ce que celui-ci voulait ?

— Il l’a pourri !… Roger nous a quittés pour vivre seul… Il vient encore de temps en temps chez moi… Mais il allait aussi voir son père !…

— Il y a longtemps que vous habitez place des Vosges ?

— À peu près huit ans… Quand nous avons trouvé l’appartement, nous ne savions même pas que Couchet était dans les sérums… Martin a voulu déménager… Il n’aurait plus manqué que cela !… Si quelqu’un devait partir, n’est-ce pas ? c’était bien Couchet… Couchet devenu riche, je ne sais pas comment, que je voyais arriver dans une auto conduite par un chauffeur !… Car il avait un chauffeur… J’ai vu sa femme…

— Chez elle ?

— Je l’ai guettée sur le trottoir, pour savoir à quoi elle ressemblait… J’aime mieux ne rien dire… Ce n’est pas grand-chose, en tout cas, malgré les airs qu’elle se donne et malgré son manteau d’astrakan… »

Maigret se passa la main sur le front. Cela tournait à la hantise. Il y avait un quart d’heure qu’il fixait le même visage et il lui semblait à présent qu’il ne pourrait plus l’effacer de sa rétine.

Un visage mince, décoloré, aux traits fins, très mobiles, qui devait n’avoir jamais exprimé qu’une douleur résignée.

Et cela encore lui rappelait certains portraits de famille, voire de sa propre famille. Il avait eu une tante, plus grosse que Mme Martin, mais qui, elle aussi, se lamentait toujours. Lorsqu’elle arrivait chez lui, alors qu’il était enfant, il savait qu’à peine assise elle tirerait un mouchoir de son sac.

« Ma pauvre Hermance !… commençait-elle. Quelle vie ! Il faut que je te raconte ce que Pierre a encore fait… »

Et elle avait ce même masque mobile, ces lèvres trop minces, ces yeux où passait parfois comme une lueur d’égarement.

Mme Martin avait perdu tout à coup le fil de ses idées. Elle s’agitait.

« Maintenant, vous devez comprendre ma situation… Évidemment, Couchet s’est remarié. N’empêche que j’ai été sa femme, que j’ai partagé ses débuts, c’est-à-dire les années les plus dures de sa vie… L’autre n’est qu’une poupée…

— Vous avez des prétentions sur l’héritage ?

— Moi !… s’écria-t-elle avec indignation. Je ne voudrais de son argent pour rien au monde ! Nous ne sommes pas riches ! Martin manque d’initiative, ne sait pas se pousser, se laisse couper l’herbe sous le pied par des collègues moins intelligents que lui… Mais devrais-je faire des ménages pour vivre que je ne voudrais pas…

— Vous avez envoyé votre mari avertir Roger ? »

Elle ne pâlit pas, parce que c’était impossible. Son teint restait toujours d’un gris uniforme. Mais il y eut du flottement dans son regard.

« Comment savez-vous ? »

Et soudain, indignée :

« J’espère qu’on ne nous suit pas, au moins ? Dites !… Ce serait le comble !… Et, dans ce cas, je n’hésiterais pas à m’adresser en haut lieu…

— Calmez-vous, madame… Je n’ai rien dit de pareil… C’est le hasard qui m’a fait rencontrer M. Martin ce matin même… »

Mais elle continuait à se méfier, à observer le commissaire sans tendresse.

« Je finirai par regretter d’être venue ! On veut être trop correct !… Et, au lieu de vous en savoir gré…

— Je vous assure que je vous sais un gré infini de cette visite… »

Elle n’en sentait pas moins que quelque chose n’allait pas. Ce gros homme aux épaules larges, au cou engoncé, qui la regardait avec des yeux naïfs, comme vides de pensées, l’effrayait.

« En tout cas, articula-t-elle d’une voix aiguë, il vaut mieux que ce soit moi qui parle que la concierge… Or, vous auriez fini par apprendre…

— Que vous êtes la première Mme Couchet…

— Vous avez vu l’autre ? »

Maigret eut quelque peine à ne pas sourire.

« Pas encore…

— Oh ! Elle versera des larmes de crocodile… N’empêche qu’elle est tranquille, maintenant… avec les millions que Couchet a gagnés… »

Et voilà qu’elle pleurait, tout à coup, que sa lèvre inférieure se soulevait, ce qui transformait son visage, lui enlevait ce qu’il avait de trop aiguisé.

« Elle ne l’a même pas connu quand il luttait, quand il avait besoin d’une femme pour l’encourager… »

De temps en temps, un sanglot sourd, à peine perceptible, éclatait dans la gorge maigre que serrait un ruban de soie moirée.

Elle se levait. Elle regardait autour d’elle pour s’assurer qu’elle n’avait rien oublié. Elle reniflait.

« Mais tout cela ne compte pas. »

Un sourire amer, sous les larmes.

« En tout cas, j’ai fait mon devoir… Je ne sais pas ce que vous pensez de moi, mais…

— Je vous assure que… »

Il eût été bien embarrassé de continuer si elle n’avait achevé d’elle-même :

« Cela m’est égal ! J’ai ma conscience pour moi ! Tout le monde ne peut pas en dire autant… »

Il lui manquait quelque chose. Elle ne savait pas quoi. Elle jeta encore un coup d’œil circulaire, remua une main, comme étonnée de la trouver vide…

Maigret, debout, la reconduisit à la porte.

« Je vous remercie de votre démarche…

— J’ai fait ce que j’ai cru devoir faire… »

Elle était dans le couloir, où des inspecteurs bavardaient en riant. Elle passa auprès du groupe, très digne, sans détourner la tête.

Et Maigret, la porte refermée, marcha vers la fenêtre que, malgré le froid, il ouvrit toute grande. Il était las, comme après un dur interrogatoire de quelque criminel. Il y avait surtout en lui ce malaise imprécis que l’on ressent quand on est obligé de regarder de la vie des aspects que d’habitude on préfère ignorer.

Ce n’était pas dramatique. Ce n’était pas révoltant.

Elle n’avait rien dit d’extraordinaire. Elle n’avait ouvert au commissaire aucun horizon nouveau.

N’empêche qu’il se dégageait de cette entrevue comme une sensation d’écœurement.

Sur un coin du bureau, le bulletin de la police était ouvert, montrant les photographies d’une vingtaine d’individus recherchés. Des faces de brutes pour la plupart. Des têtes qui portaient des stigmates de dégénérescence.

« Ernst Strowitz, condamné par contumace par le parquet de Caen pour meurtre d’une fermière sur la route de Benouville… »

Et la mention, en rouge : « Dangereux. Est toujours armé. »

Un type qui vendrait chèrement sa peau. Eh bien ! Maigret eût préféré cela à toute cette grisaille sirupeuse, à ces histoires de famille, à ce crime encore inexplicable mais qu’il devinait hallucinant.

Des images le poursuivaient : les Martin, tels qu’il se les figurait, le dimanche, aux Champs-Élysées. Le pardessus mastic et le ruban de soie noire au cou de la femme.

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