Simenon, Georges - Lécluse n°1

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    Lécluse n°1
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Simenon, Georges - Lécluse n°1 краткое содержание

Lécluse n°1 - описание и краткое содержание, автор Simenon, Georges, читайте бесплатно онлайн на сайте электронной библиотеки LibKing.Ru

Quand on observe des poissons à travers une couche d’eau qui interdit entre eux et nous tout contact, on les voit rester longtemps immobiles, sans raison, puis d’un frémissement de nageoires aller un peu plus loin pour n’y rien faire qu’attendre à nouveau.


C’est dans le même calme, comme sans raison aussi, que le tramway 13, le dernier « Bastille-Créteil », traîna ses lumières jaunâtres tout le long du quai des Carrières. Au coin d’une rue, près d’un bec de gaz vert, il fit mine de s’arrêter, mais le receveur agita sa sonnette et le convoi fonça vers Charenton. Derrière lui, le quai restait vide et stagnant comme un paysage du fond de l’eau. A droite, des péniches flottaient sur le canal, avec de la lune tout autour.


Un filet d’eau se faufilait par une vanne mal fermée de l’écluse, et c’était le seul bruit sous le ciel encore plus quiet et plus profond qu’un lac.


[http://www.amazon.fr/LEcluse-numéro-1-Georges-Simenon/dp/2253143154](http://www.amazon.fr/LEcluse-num%C3%A9ro-1-Georges-Simenon/dp/2253143154)

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— M. Ducrau, s’il vous plaît ?

— C’est ici. Entrez.

La servante était rouge, trop animée, et Maigret sourit en la regardant, sans trop savoir pourquoi. C’était une grosse fille appétissante, surtout quand on la voyait de dos, car son visage grossier, aux traits durs et irréguliers, décevait ensuite.

— De la part de qui ?

— De la Police judiciaire.

Elle fit deux pas vers la porte et dut se baisser pour tendre son bas, puis elle fit deux pas encore, se crut cachée par le battant et rattacha sa jarretelle, tira sur sa combinaison tandis que Maigret souriait de plus belle. On chuchota à côté. La fille revint.

— Donnez-vous la peine d’entrer.

Ce n’était pas seulement la faute du soleil si Maigret affichait ce sourire. Il jaillissait de source à ses lèvres, il s’y tenait épanoui. Dès l’antichambre, dès le paillasson presque, il avait eu l’intuition de ce qui se passait, et maintenant il en était sûr tandis qu’il prononçait :

— M. Ducrau ?

Ses yeux riaient, sa bouche esquissait une moue involontaire et dès lors, entre les deux hommes, la vérité fut comme avouée. Ducrau regarda la servante, puis le visiteur, puis son fauteuil de velours rouge. Ensuite il arrangea ses cheveux plantés serrés qui n’en avaient pas besoin et il sourit aussi, d’un sourire flatté, un peu gêné, content quand même.

Trois fenêtres ruisselaient de soleil et l’une d’elles, large ouverte, laissait à tel point pénétrer les rumeurs de la rue, le vacarme du concasseur que, quand Maigret voulut parler, il entendit à peine sa voix.

Émile Ducrau s’était rassis dans son fauteuil avec un soupir d’aise, et on sentait que malgré tout il n’était pas encore solide. De la scène avec la servante, il lui restait une buée au front et un rythme accéléré de la respiration. N’empêche que, dès la veille, le Parquet, stupéfait, avait trouvé dans un fauteuil un homme qu’on s’attendait à trouver anéanti sur son lit.

Il était en pantoufles, avec une chemise de nuit à col brodé de rouge sous son vieux veston, et on retrouvait le même laisser-aller médiocre dans chaque détail du salon aux meubles quelconques, qui tous dataient de trente ou quarante ans, dans les cadres noir et or qui entouraient des photographies de remorqueurs et dans le bureau à cylindre installé dans un coin.

— C’est vous qui êtes chargé de l’enquête ?

Le sourire s’éteignait progressivement, Ducrau redevenait un homme sérieux, au regard inquisiteur, à la voix déjà agressive.

— Je suppose que vous avez déjà votre idée sur cette histoire ? Non ? Tant mieux, mais cela m’étonne de la part d’un policier !

Il n’avait pas l’intention d’être désagréable. C’était son attitude naturelle. Parfois il grimaçait un peu, sans doute parce que sa blessure au dos le faisait souffrir.

— Vous boirez bien quelque chose ! Mathilde !… Mathilde !… Mathilde, nom de Dieu !…

Et, à la fille qui se montrait enfin, les mains savonneuses :

— Vous servirez du vin blanc. Du bon !

Il remplissait le fauteuil de sa masse, et le fait que ses pieds étaient posés sur un coussin de tapisserie faisait paraître ses jambes plus courtes.

— Voyons, que vous a-t-on raconté ?

Il avait l’habitude, en parlant, de jeter des petits coups d’œil par la fenêtre, dans la direction de l’écluse. Il grogna soudain :

— Bon ! Voilà qu’ils se laissent trémater par un Poliet et Chausson !

Maigret vit une péniche chargée, au bord peint en jaune, qui pénétrait lentement dans le sas. Derrière elle, une autre péniche, marquée d’un triangle bleu, était en travers du canal, et des gens, trois ou quatre, gesticulaient en échangeant sans doute des injures.

— Tous les bateaux à triangle bleu m’appartiennent, expliqua Ducrau en désignant une chaise à la bonne qui rentrait.

Et il lui dit :

— Mettez la bouteille et les verres là-dessus. Ici, c’est sans façon, commissaire. Je disais… Ah ! oui, je suis curieux de savoir comment on raconte l’affaire.

Sa bonhomie avait comme un arrière-fond de méchanceté, et plus il regardait Maigret, plus cette méchanceté s’accentuait, peut-être parce que le commissaire, au physique, était aussi large et puissant que lui, en plus grand, et parce que son calme faisait, dans l’appartement, l’effet d’une grosse pierre impossible à déplacer.

— J’ai été saisi du dossier ce matin, déclara-t-il.

— Vous l’avez lu ?

La porte d’entrée s’ouvrit, quelqu’un traversa l’antichambre et se montra. C’était une femme d’une cinquantaine d’années, maigre, triste, qui portait un filet à provisions et qui s’excusa :

— Pardon. Je ne savais pas…

Déjà Maigret s’était levé.

— Mme Ducrau, je suppose ? Je suis heureux de faire votre connaissance.

Elle salua gauchement et se retira à reculons. On l’entendit parler à la servante, et Maigret sourit à nouveau, car il imaginait mieux encore que tout à l’heure les détails de la scène du matin.

— Ma femme n’a jamais pu se déshabituer de faire le ménage, grommela Ducrau. Elle pourrait se payer dix domestiques si elle le voulait et elle fait son marché elle-même !

— Vous avez débuté comme patron de remorqueur, je pense ?

— J’ai débuté comme on débute : à la chaudière ! Le chaudron s’appelait L’Aigle. Je l’ai eu en épousant la fille du patron, que vous venez de voir. À l’heure qu’il est, la série des Aigles en est à vingt-quatre. Tenez, rien que dans le bassin, il y en a deux qui vont remonter aujourd’hui jusqu’à Dizy, et on m’en annonce cinq d’avalants. Tous les pilotes, dans les deux bistrots d’en bas, travaillent pour moi. J’ai déjà racheté dix-huit péniches, des flûtes, deux dragues…

Ses yeux devenaient plus petits et finissaient par ne plus voir que les yeux de Maigret.

— C’est cela que vous vouliez savoir ?

Et, tourné vers la porte :

— Silence, là-dedans ! hurla-t-il à l’adresse des deux femmes invisibles dont la conversation arrivait comme un murmure.

— À votre santé ! On a dû vous dire que j’offre vingt mille francs à la police si elle découvre mon agresseur, et c’est pour cela, je suppose, qu’on m’a envoyé quelqu’un de bien. Qu’est-ce que vous regardez ?

— Rien du tout, le canal, l’écluse, les bateaux…

C’était prodigieux de vie, ce paysage lumineux découpé par les fenêtres. Vues d’en haut, les péniches paraissaient plus lourdes, comme enlisées dans une eau trop dense. Debout dans son bachot, un marinier passait au goudron la coque grise de son bateau qui émergeait de deux mètres. Et il y avait des chiens, des poules dans une cage en treillage, et la jeune fille blonde qui astiquait les cuivres du pont. Des gens allaient et venaient sur les portes de l’écluse, et les bateaux qui sortaient en aval semblaient hésiter avant de se laisser glisser au fil de la Seine.

— En somme, tout cela est pour ainsi dire à vous ?

— Tout, c’est exagéré. Mais tout le monde que vous voyez dépend un peu de moi, surtout depuis que j’ai racheté les carrières de craie, là-haut, en Champagne.

Le mobilier de l’appartement ressemblait à tous les mobiliers qu’à la Salle des Ventes on entasse pour les liquider le samedi, quand les petites gens viennent chercher une table ou une cuvette d’occasion. Une odeur d’oignons rissolés arrivait de la cuisine en même temps que le grésillement du beurre sur la poêle.

— Une question, si vous le permettez. Le rapport dit que vous ne vous souvenez pas de ce qui s’est passé avant le moment où on vous a repêché.

Ducrau, l’œil pesant, coupait le bout d’un cigare.

— À quel moment exact s’arrêtent vos souvenirs ? Pouvez-vous, par exemple, me raconter ce que vous avez fait dans la soirée d’avant-hier ?

— Ma fille et son mari ont dîné ici. Son mari est capitaine d’infanterie à Versailles. Ils viennent tous les mercredis.

— Vous avez un fils aussi ?

— Oui. Il est à l’École des chartes, mais on le voit rarement à la maison, car je lui ai donné une chambre au cinquième.

— Donc, vous ne l’avez pas vu ce soir-là ?

Ducrau ne se pressait pas de répondre. Il ne quittait plus Maigret des yeux, et, tandis qu’il tirait de lentes bouffées de son cigare, il pesait chaque question qu’on lui posait, chaque mot qu’il prononçait.

— Écoutez, commissaire. Je vais vous dire quelque chose d’important et je vous conseille de le retenir, si vous voulez que nous nous entendions. On n’a jamais joué au plus malin avec Mimile ! Mimile, c’est moi. On m’appelait ainsi quand je n’avais encore que mon premier remorqueur, et il y a encore des éclusiers, en Haute-Marne, qui ne me connaissent pas autrement. Vous me comprenez ? Je ne suis pas plus bête que vous. Dans cette histoire, c’est moi qui paie ! C’est moi qui ai été attaqué ! C’est moi qui vous ai fait venir !

Maigret ne sourcillait pas, mais pour la première fois depuis longtemps il jubilait devant un personnage qui valait vraiment la peine d’être connu.

— Buvez votre verre. Prenez un cigare. Mettez-en quelques-uns en poche. Mais si ! Faites votre métier, mais pas de finasseries ! Quand le Parquet est venu me voir, hier, il y avait un pète-sec de juge d’instruction qui s’est promené ici avec ses gants beurre frais comme s’il avait peur de se salir. Eh bien ! je lui ai demandé de retirer son chapeau et de cesser de fumer, pendant que je lui lançais ma fumée au nez. Vous saisissez ? À présent, je vous écoute.

— Une question, à mon tour. Maintenez-vous votre plainte ? Oui ? Et tenez-vous vraiment à ce que je découvre le coupable ?

Il y eut, sur les lèvres de Ducrau, une ombre de sourire. Au lieu de répondre, il murmura :

— Ensuite ?

— C’est tout ! Il est encore temps.

— Vous n’avez rien d’autre à me dire ?

— Rien !

Et Maigret se leva, se campa, les pupilles contractées par le soleil, devant la fenêtre ouverte.

— Mathilde ! Mathilde !… cria le bonhomme. D’abord, vous essaierez de venir dès que je vous appelle. Ensuite vous mettrez un tablier propre. Maintenant, allez me chercher une bouteille de champagne. Une des huit bouteilles du fond à gauche.

— Je ne bois pas de champagne, dit Maigret quand la bonne fut partie.

— Vous boirez de celui-là. C’est du brut nature 1897 que le patron de la plus grande maison de Reims m’a envoyé.

Il était adouci. Il y avait même en lui l’ombre d’une émotion, mais c’était à peine sensible.

— Qu’est-ce que vous regardez ?

— Le bateau de Gassin.

— Vous savez que Gassin est un vieux camarade, le seul qui me tutoie encore ! Nous avons fait nos premiers voyages ensemble. Je lui ai confié un de mes bateaux qui fait surtout la Belgique.

— Il a une jolie fille.

C’était plutôt une impression car, dans l’éloignement, Maigret ne voyait guère qu’une silhouette. Et cependant celle-ci donnait la certitude que la fille était belle. Une silhouette simple, pourtant ! Une robe noire et un tablier blanc, des pieds nus dans des sabots.

Ducrau ne répondait pas, et, après quelques instants de silence, il articula, comme à bout de patience :

— Continuez ! la dame d’en haut, la bonniche, et le reste ! Je vous attends…

La porte de la cuisine s’entrouvrit. Mme Ducrau, du seuil, risqua après avoir toussé :

— Faut-il faire prendre de la glace ?

Et lui, rageur :

— Pourquoi pas faire chercher le champagne à Reims ?

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